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Les Bocals s'emmerdent

 

Mêkingoff

de la Légende de Buffalo Bill

 

Sambre et Meuse ! Voilà qu’il pleut soudainement comme il n’est point permis, avec du vent et tout, ce qui compromet dangereusement le tournage de demain prévu, consacré à priori à la vie totalement loufe de Jeanne d’Arc. Car tout le monde sait que cette existence fut illuminée à tous les sens du mot, et notamment par un grand feu en manière de conclusion. Or, la pluie, je le crains, ne va pas arranger notre bûcher.

On ne parlera jamais assez des difficultés de tournage qui sont le lot quotidien de ces instants carrément magiques que nous autres créateurs offrons à vos yeux zéblouis. C’est pas toujours de la ouate, et c’est le moins qu’on puisse dire. Ainsi, quand nous sommes spectateur de je ne sais quelle merde innommable ou pareillement du chef d’oeuvre le plus délirant (qui sont souvent les mêmes l’un et l’autre, mais pas pour les mêmes récepteurs, un récepteur étant celui ou celle qui reçoit) avons-nous seulement une idée grande comme ça des difficultés que le metteur (celui qui met) a rencontrées pour faire couler le Titanic ? Nous n’avons pas. Nous nous imaginons que, hop, claquement de doigts, tout ceci se fit sur un. Comme au cinéma, en somme. Ignares (Bergman) que nous sommes. Car il y eut du boulot, pour faire couler le bateau et pour estomper la tête à claques de Di Caprio — même si c’est demeuré un peu foireux en ce qui concerne cet effet spécial. Mais n’acerbons pas, ceci n’est pas notre propos.

Ainsi, pour la réalisation du précédent épisode des Bocals narrant la vie tumultueuse de Buffalo Bill (reportez-vous à l’incriminé du côté des archives en cliquant quelque part, ici par exemple).

Inutile de vous le cacher plus longtemps et de faire les malins, reconnaissons-le : nous en chiâmes.

Déjà, au petit jour, arrivant sur le plateau où nous avions rendez-vous avec la bande des figurants : nada. Les hordes sauvages qui devaient interpréter les Indiens et les Bisons nous avaient fait faux-bonds. Au lieu de quoi : UN SEUL malheureux figurant, et qui plus est plus helvétique d’aspect qu’oglala ou bovidé.

La preuve :

cascade figurant (62807 octets)

Or donc, les proportions prises par l’entreprise du maquillage nécessaire pour transformer ce pauvre frimeur en tribu indienne ou en horde de buffles nous effraient. Nous envisageons séance tenante de prendre le taureau par les cornes et d’improviser sur le vif et nous nous transportons en d’autres lieux sauvages où nous espérons trouver la main d’œuvre qu’il nous faut.

Nous trouverons. Après de longues tractations et au mépris des assurances élémentaires, nous engagerons donc cette populace d’autochtones (qui finalement sera parfaite en son improvisation). A y regarder de prés, même, franchement, qui donc, à part un Taliban, pourrait ne pas croire à ces déferlements de bisons plus vrais que nature et dignes de Danse avec les loups ? Bien.

Mais alors que nous croyons tous les blèmes aplanis, voilà que nos comédiens font des leurs, et que principalement notre star fait des siennes. Nous lui avions recommandé la prudence, ainsi qu’une certaine ascèse, et néanmoins ce pauvre type, se prenant sans doute pour le héros qu’il incarne, fait l’andouille en équilibre sur un tronc à plus d’un mètre au-dessus du sol en compagnie de deux acteurs de seconde zone interprétant des généraux.

cascade vertige (20204 octets)

Évidemment, comme il fallait s’y attendre, le vertige le prit, alors qu’en plus nous lui avions recommandé de manger léger, ce que bien sûr il n’avait même pas entendu, et Monsieur vomit ardemment tout son quatre heures de la veille.

cascade vomi (16713 octets)

Ensuite, l’élémentaire prudence recommandait la prudence dans ces paysages sauvages traversés de fougueuses cascades.

cascade (16552 octets)

Notre imbécile ne trouva rien de mieux que se casser la gueule dans les eaux froides et glacées, oui, froides et glacées, ce qui n’est pas peu dire. Et voilà le travail :

cascade chute (14999 octets)

Et je pourrais continuer ainsi pendant des heures mais ça me gonfle, tout à coup, tiens. Ça me fatigue. Et je ne vois pas non plus pourquoi je ressasserais de la sorte d’aussi pénibles souvenirs ad vitam aeternam.

Brisons là et quittons-nous, abruptement certes, bons amis cependant.

Hop.

 

 

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