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comédie presque musicale
Black mardi
- Conversation déplacée
- La formidable
légende de Buffalo Bill et le Mêkingoff
Jeanne d'Arc : épisode 1 - épisode 2 - épisode 3 - épisode 4 - épisode 5 - épisode 6
Les Bocals s'emmerdent
Mêkingoff
de la Légende de Buffalo Bill
Sambre et Meuse ! Voilà qu’il pleut soudainement comme il n’est
point permis, avec du vent et tout, ce qui compromet dangereusement
le tournage de demain prévu, consacré à priori à la vie totalement
loufe de Jeanne d’Arc. Car tout le monde sait que cette existence
fut illuminée à tous les sens du mot, et notamment par un grand
feu en manière de conclusion. Or, la pluie, je le crains, ne va
pas arranger notre bûcher.
On ne parlera jamais assez des difficultés de
tournage qui sont le lot quotidien de ces instants carrément magiques
que nous autres créateurs offrons à vos yeux zéblouis. C’est pas
toujours de la ouate, et c’est le moins qu’on puisse dire. Ainsi,
quand nous sommes spectateur de je ne sais quelle merde innommable
ou pareillement du chef d’oeuvre le plus délirant (qui sont souvent
les mêmes l’un et l’autre, mais pas pour les mêmes récepteurs,
un récepteur étant celui ou celle qui reçoit) avons-nous seulement
une idée grande comme ça des difficultés que le metteur (celui
qui met) a rencontrées pour faire couler le Titanic ? Nous n’avons
pas. Nous nous imaginons que, hop, claquement de doigts, tout
ceci se fit sur un. Comme au cinéma, en somme. Ignares (Bergman)
que nous sommes. Car il y eut du boulot, pour faire couler le
bateau et pour estomper la tête à claques de Di Caprio — même
si c’est demeuré un peu foireux en ce qui concerne cet effet spécial.
Mais n’acerbons pas, ceci n’est pas notre propos.
Ainsi, pour la réalisation du précédent épisode
des Bocals narrant la vie tumultueuse de Buffalo Bill (reportez-vous
à l’incriminé du côté des archives en cliquant quelque part, ici
par exemple).
Inutile de vous le cacher plus longtemps et de
faire les malins, reconnaissons-le : nous en chiâmes.
Déjà, au petit jour, arrivant sur le plateau
où nous avions rendez-vous avec la bande des figurants : nada.
Les hordes sauvages qui devaient interpréter les Indiens et les
Bisons nous avaient fait faux-bonds. Au lieu de quoi : UN SEUL
malheureux figurant, et qui plus est plus helvétique d’aspect
qu’oglala ou bovidé. La preuve :

Or donc, les proportions prises par l’entreprise du maquillage
nécessaire pour transformer ce pauvre frimeur en tribu indienne
ou en horde de buffles nous effraient. Nous envisageons séance
tenante de prendre le taureau par les cornes et d’improviser sur
le vif et nous nous transportons en d’autres lieux sauvages où
nous espérons trouver la main d’œuvre qu’il nous faut.
Nous trouverons. Après de longues tractations
et au mépris des assurances élémentaires, nous engagerons donc
cette populace d’autochtones (qui finalement sera parfaite en
son improvisation). A y regarder de prés, même, franchement, qui
donc, à part un Taliban, pourrait ne pas croire à ces déferlements
de bisons plus vrais que nature et dignes de Danse avec
les loups ? Bien.
Mais alors que nous croyons tous les blèmes aplanis,
voilà que nos comédiens font des leurs, et que principalement
notre star fait des siennes. Nous lui avions recommandé la prudence,
ainsi qu’une certaine ascèse, et néanmoins ce pauvre type, se
prenant sans doute pour le héros qu’il incarne, fait l’andouille
en équilibre sur un tronc à plus d’un mètre au-dessus du sol en
compagnie de deux acteurs de seconde zone interprétant des généraux.

Évidemment, comme il fallait s’y attendre, le vertige le prit,
alors qu’en plus nous lui avions recommandé de manger léger, ce
que bien sûr il n’avait même pas entendu, et Monsieur vomit ardemment
tout son quatre heures de la veille.

Ensuite, l’élémentaire prudence recommandait la prudence dans
ces paysages sauvages traversés de fougueuses cascades.

Notre imbécile ne trouva rien de mieux que se casser la gueule
dans les eaux froides et glacées, oui, froides et glacées, ce
qui n’est pas peu dire. Et voilà le travail :

Et je pourrais continuer ainsi pendant des heures mais ça me
gonfle, tout à coup, tiens. Ça me fatigue. Et je ne vois pas non
plus pourquoi je ressasserais de la sorte d’aussi pénibles souvenirs
ad vitam aeternam.
Brisons là et quittons-nous, abruptement certes,
bons amis cependant.
Hop.
Tous droits de reproduction réservés (textes et images) ©
Pierre Pelot
1998-2008
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