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Jeanne d'Arc : épisode 1 - épisode 2 - épisode 3 - épisode 4 - épisode 5 - épisode 6
Les Bocals s'emmerdent

 

1. Jeanne d’Arc en Barrois

 

La première fois que j’ai entendu parler de Jeanne d’Arc, je ne m’en souviens plus.

Ensuite mes parents m’abonnèrent au Journal de Mickey, et plus tard à Tintin, et à Spirou aussi, et celui que je préférais entre tous était Spirou, avec les histoires de Spirou et Fantasion, le Dictateur et le Champignon, le Marsupilami, le comte de Champignac, tout ça.

Entrestant, de Jeanne d’Arc, point. Alors que par contre je lus, m’en souvient-il, la vie de Jeanne Hachette en Bandes dessinées dans le Journal de Mickey. (Ainsi d’ailleurs que la Guerre du Feu.) Jeanne Hachette, ça c’était une héroïne, sur les créneaux de je ne sais trop où, avec sa hachette. Une fille qui se bat à la hache, ça a quand même une autre gueule qu’une illuminée bouteuse d’Anglois, une fouille merde, en somme, à qui personne ne demandait rien, une Jeanne d’Arc, donc, qui — si vous voulez mon avis — devait afficher une sacrée dégaine et pas grand chose à voir ni avec Ingrid Bergman ni avec l’ex-copine de Besson Luc dont j’ai momentanément oublié le nom à défaut de la plastique. Parce que quand même, allez, la Jeanneton, dans son armure mastarde modèle pue-la-sueur, elle devait quand même avoir plus qu’à son tour le slip isabelle, non ? allez… et puis il fallait le porter, le caraco en cotes de mailles, il n’y a que mailles qui m’aille, aïe, aïe, aïe, ha ha ha, et les collants pareil, façon laiton une maille à l’envers une à l’endroit, on n’était pas fluet, dans ce temps-là.

Donc, hein, Jeanne gracile, je t’en foutrai, tiens! Jeanne balèze, oui, avec des épaules à la Douillet et un cul de jument, et de la tchatche à revendre, une espèce de Marielle Goistchelle (comment ça s’éternue encore, ça ?) de l’avant-ski, je vois ça d’ici — une gonfleuse, et Jésus par-ci, Jésus par-là, tous les quatre mots. M’étonne plus que Le gros Pen se la soit embarquée comme tête d’affiche, tiens, les mêmes grandes gueules aux dents longues je le vois bien, le gros lard, à l’époque non pas aller se battre avec la blouson noir, mais recruter pour céziguette, oui, à grand discours).

Bon.

En fait, c’est pas que je ne l’aime pas, Jeannette, c’est qu’elle me saoule avec ses bons sentiments poisseux. Patrick Sébastien, tiens, ce genre-là dans le discours. La dentelle de Barrois, c’est pas réputé. Le miel, si. Elle te marche sur les pieds, elle dit même pas pardon, elle attend avec le sourire que ce soit toi qui t’excuses tu vois, d’avoir glissé ton orteil sous ses gros sabots, avec lesquels elle passait par la Lorraine. Tu vois le genre. Un genre pas recommandable. Déjà, madame entend des voix. N’importe qui d’autre, à sa place, on te l’envoie se faire soigner la tête, ou bien on convoque le désenvoûteur de service et on te lui désinoccule le Malin du cervelet, à coup de pompes dans le derche s’il le faut, on lui met trois baffes pour conclure et si elle persiste on la passe un petit coup aux brodequins et grésillons et si ça suffit pas, crac, le bûcher, en désespoir de cause et parce qu’elle nous fatigue.

Remarquez, le bûcher…

Oui, mais n’importe qui d’autre, on ne lui laisse pas le temps de délivrer Orléans ni même d’y aller visiter la basse ville et d’envoyer une carte postale, rien. N’importe qui d’autre ça fait pas un pli. Alors pourquoi elle? Je demande. Parce qu’elle est pistonnée, je réponds. Sponsorisée grave, et elle a du blé, tout en gardant ses moutons. Ses parents, « riches fermiers », ont de la thune. Ça aide. Même pas Lorrains - Le Barrois, c’est pas la Lorraine, que je sache, si ? A vérifier. Mais j’en ai bien peur. Friquée, donc, la grosse meuf, et un sens inné de la communication, la gamine en veut. Je m’étonne qu’elle n’ait pas écrit un bouquin, tiens, comme l’autre gourdasse de ce truc télévisé débile, cette sorte de blonde. Au fait, elle était blonde la d’Arc ? Ça lui irait bien, non ? Et savez-vous que Du Guesclin en était amoureux ? Qu’ils ont même eu une aventure, avec couverture du Match de l’époque, et que c’est à cause de ça que Gilles de Rais a pété les plombs et s’est rabattu à couilles sur les gamins et bergerettes de ses environs. Par déception. Oui madame. C’est la faute à Jeanne, au fond, si ce grand salaud a viré pédo-sado.

Une flambeuse, la garce. Une excitée, toute feu toute flamme.

Une allumée.

Un destin.

Tellement un destin, d’ailleurs, que force nous est bel et bien de constater qu’il fut quand même hors du commun, et que du coup plusieurs épisodes nous seront nécessaires pour le narrer, de Domrémy à Stalingrade. En voici le number one, il suffit de cliquer sur les belles zimages, hop :

Jeanne d'Arc 1  (121292 octets)

 

Et maintenant, un peu de patience, la suite se concocte.

 

Quant à Jeanne Hachette, à part les Éditions, qu’a-t-elle laissé dans nos mémoires amnésique-sique-sique ? Mm ?

Nada.

C’est une honte. Tout simplement.

Et Clarinette Duval ? Qu’a donc laissé Clarinette Duval à la postérité ? Qui se souvient de Clarinette ?

Injusticieuse Histoire des nantis, pensée et écrite par des esprits et des doigts bourgeois…

 

 

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