Le plus embêtant dans une saga, c’est
la longueur, et le fait qu’on s’y perd facile, en tous les cas qu’on peut.
Ce qui oblige le Narrateur à ponctuer son récit de pauses et de résumés.
Le Narrateur peut éventuellement, et dans
le même ordre d’idée, digresser. Nous n’avons pas dit
« dégraisser ». Encore que le résultat est souvent le même.
Parler d’autres choses, donner des nouvelles de sa famille. Par exemple, en ce
qui nous concerne, Jean-Luc et Martine et leur fille Nelly se préparent à
faire un ultime (pourquoi ultime ?) voyage à Madagascar, où ils ont quelque
chose de très important à accomplir ce tantôt ; quand à ma sœur Myriam, elle
se remet doucement d’une marche effectuée en ma compagnie dimanche dernier
(elle n’avait pas les chaussures adquattttes) ; sinon, du côté de mon
épouse, de sa famille, veux-je dire, une sœur de ma belle-mère est morte à
la Toussaint, quasiment, ça va lui faire deux fêtes d’un coup, c’est comme
les pauvres types qui naissent à Noël, et je ne parle pas de ceux qui naissent
mort-né à la Toussaint… On peut donc digresser en parlant de la famille ou
en faisant de l’humour noir ou les deux.
Car c’est donc le lot des feuilletons
longs, des sagas, des grands trucs.
C’est long et il ne faut pas lasser, de
chaussure évidemment.
Et il faut surtout s’y retrouver.
Pour Jehanne Drac, c’est terrific. Et terrible
aussi. La vie compliquée de cette gamine ! Les ramifications dans
tous les sens. Ne dit-on pas qu’elle fut la fille naturelle de
Charles Seven ? On le dit. On dit même que, formidablement en
avance sur son époque, elle aurait été le père caché de Louis
XVI. Il y a des documents.
(C’est comme Ben Laden — il
descendrait par les mitochondries de la petite cousine Augusta de la grand-mère
de Jehanne, le document est bien au chaud dans les caves du FBI et quand il va
être divulgué, dans un bouquin bientôt en vente par un grand éditeur
français, ça va faire du raffut et il ne va pas être fier, l’Adolf
talibananier.)
Donc, comme je le disais, et pour
résumer: il faut des résumés.
Le résumé n’est pas une chose simple
à gérer. La preuve :
Vous avez vu ? Je vous avais prévenu.
Maintenant, nous y voyons un peu plus
clair, et nous sommes d’attaque pour la suite des événements. Qui ne sont
pas très simples, comme vous le verrez. Nous nous demandons même s’il ne
conviendrait pas de faire des résumés des chapitres à venir, afin de ne point
nous égarer et de nous faciliter la comprenote et aussi de gagner du temps: un
bon résumé, et hop, plus besoin de se faire ch/suer à se cogner tout un
chapitre. Non ?
La prochaine fois, par exemple, Jehanne
enfile une armure et va voir le Roy d’France, et ce gamin lui fait une farce
et se planque (j’ai jamais compris pourquoi, à part pour un petit coup d’humour
dans le scénar, un rebondissement, un truc faire valoir pour la Jeannette, où
on se dit la vache elle est maligne, hein, les gars? parce qu’elle le
reconnoit. Le Roi. Jeanne. Elle reconnoit le roy qui se cachoit, vous voyez que
c’est tordu et que vous ne suivez pois - point ! Elle reconnoit le Roy et
après, hop, la voilà partie bouter les Anglois, et que j’te boute, et que j’te
boute. Mais vous verrez la prochaine fois. Qu’on vous dit.
Savez-vous que Jehanne d’Arc était
surnommée Buse, par certains amateurs de calembourdaines moyenâgeuses? Et qu’elle
était bréchedent dés après sa première bataille et s’exprima donc en
zozotant, ce qui n’est pas noté, comme beaucoup d’autres choses, ni dans
les minutes de son procès ni dans le script de Jean-Luc (qui serait le
descendant en ligne un brin enveloppée de… mais c’est une autre
histoire).