LES BOCALS, donc, et la vie de Jehanne en part(.2)iculier
Il advint donc que Jehanne, la fille d’Arc
de Domrémy, s’en allât (pas celui qui et invariablement grand, l’autre, le
vrai, le subjonctif) gaiement vers sa destinée. Il me souvient de cette chanson
crouneurisée par Guy Marchand mais ce n’est pas le propos. Je parle de
Destinée, et j’aimerais bien savoir pourquoi mon correcteur d’orthographe
me donne bon destinée et destiné, confondant allégrement adj.
et nom com., c’est pas au point, ça. Mais retrouvons, marchant vers sa
destinée donc, non point Guy mais Jehanne. (Case number
one) Tiens, remarquons-nous, il apparaît que c’est l’automne. Voilà
donc une preuve, s’il en est, que les manuels d’Histoire feraient bien de
prendre en compte, nous la leur tenons sous le coude. Bon alors donc po-pom
po-pom, la voilà partie.
A la cour du Roi Seven, c’est un peu,
comment dire, je ne trouve pas le mot, pas l’irritation mais presque. Quelque
chose entre le mépris, vous voyez, et les boules. Mais qui c’est celle-là
qui veut nous faire suer notre souverain, qui déjà embaume sous les aisselles
bien avant que sonnent vêpres et complies ? ( Et qui refoule aussi du claque,
puisqu’on parle des odeurs corpos.) Qu’est-ce qu’elle lui veut cette
péteuse mastiqueuse de fayots, se dit-on avec terreur à la cour, car la
réputation d’ouisseuse de voix de la grosse gamine a pris les devants. (Case number two) C’est fou ce qu’il se dit de trucs
à la cour. C’est comme maintenant « de source bien informée ». D’ailleurs
on ne sait pas plus ce qu’est cette cour que cette source bien informée, tout
le monde s’en tape, c’est juste une caution, un gage de. Un gage de on ne
sait pas quoi exactement mais un gage. Une estampille. Une estampille pour lui,
bien entendu. Passons à la case suivante.
C’est ainsi donc que le Roy qui est
resté gamin au fond de ses braies a une idée extra dix fois meilleures que Loft
Story et Loft Story réunis : Attendez, messires, qu’il dit, je vas
me déguiser en manant ou en commun des mortels parmi vous et comme ça je
pourrois voir de loin ce que me veut Miss Fayot, vous allez la faire parler et
je pourrois juger si ça vaut le colis ou non de la recevoir à la Cour. Mais
nous sommes déjà à la Cour, lui fait remarquer un connard à qui rien n’étoit
demandé, et le type se retrouve aussi sec à perpette dans un goulag et on n’en
parloit plus. Aussi taudis, aussitôt fait, et notre Roy Machin se grime et
passe pour un des autres. C’est un malin. Et c’est la Case
Trois.
En Case 4, c’est
faboulous, nous assistons béats à un coup de théâtre absolument pas promptu
du tout, qui prouverait s’il en était besoin la texture héroïque qui
compose l’esprit de Jehanne. Ha ! la fine mouche ! On ne la lui fait pas, à la
bonne grosse baroise! on ne va pas la rouler dans la farine comme ça, non mais
qu’est-ce que tu crois, espèce de Roy, que c’est parce que t’es Roy
justement que tu peux te payer une tranche de Jehanne aussi facile et échapper
à ton destin, pauvre Guy Marchand ? (c’est un t ou un d, à Guy ? ) Mais c’est
pas vrai les Roys, je vous jure, en fait c’est très con, ça se croit tout
dû et permis, n’en déplaise à Thierry Ardisson, c’est incroyab, à la
fin, les Roys. Parce que la Grosse, bon, aussi l’air tarte qu’elle a avec sa
moitié de cimier sur le chef pour faire militaire et commando, la Grosse, elle
est pas dupe et elle reconnoit tout de suite le royal et farceur personnage,
habituée qu’elle est à repérer les figures cachées dans le décor des
images d’Épinal de sa région (un peu plus bas à l’est). Hé ! c’est toi,
le Roy, je te reconnois ! qu’elle lui fait (à peu de choses près). Et l’autre
est du coup très coïon (ce qui signifie plus exactement poltron, lâche,
âme servile et basse, donc qui n’est pas tout à fait à sa place dans ce
contexte, mais nous lui avons trouvé un petit air de couleur locale et
moyenâgeuse qui lui séait (hop !) plutôt bonnement), tout roy qu’il estoit.
Ce qui nous permet de passer à la case
cinco (Case 5) et d’assister à un affrontement
dramatique entre le concon et la dondon, au terme duquel, pas la peine de
rallonger indéfiniment le suspense, c’est la gamine qui l’emportera. Elle
veut en découdre, la belle garce! Elle veut du sang, du foutre et de l’ambiance
vestiaires avant et après les matches elle veut de la compète et de la
troisième mi-temps ! Se la jouer hérose en un mot et prouver qu’elle en a
dans le slip. Donc elle fait sensation avec sa détermination. Seven en est tout
esbaubi.
A suivre.
Alors voilà. La suite plus tard. (Je vous sens sur le séant
et l’impatience au ventre, non ? Je sais, c’est dur, mais il faut
aussi laisser le temps au temps.)
Ceci étant :
Souffrez que nous rediffusions ici l’appel
par ailleurs déjà propagé sur nos zondes :
Avis
à tous les spectateurs, auditeurs & lecteurs
des
BOCALS
Régulièrement et au pire quasiment
toutes les semaines, voire toutes les deux, nous diffusions par courrier
électronique une annonce à tous nos gentils membres, considérés à la base
tellement quellement comme une sorte de bande amicale, afin de les informer et
ce à la demande ou suggestion d’aucuns, d’une nouvelle parution des BOCALS.
Il semblerait que la chose et le procédé
en agaçât d’aucuns.
Nous avons reçu il y a peu une missive courroucée d’un de ces
membres se plaignant en somme de harcèlement et laissant entendre
qu’il ne serait pas seul à ressentir ainsi la chose (En gros).
Nous nous trouvons à cette réaction bien
marris. Le procédé des bulletins n’ayant point pour but, vous vous en doutez
bien, d’agacer outre mesure, mais tout simplement d’informer.
Ceci dit et pour ne pas courir le risque d’énerver au-delà
des limites supportables des gens par ailleurs ni plus ni moins
irritables que vous et moi (de ceci nous sommes presque sûr),
nous avons donc décidé de supprimer
ces informations régulières que vous receviez dans vos boîtes
stupéfaites.
Quant à ceux d’entre vous — aux nerfs d’acier
— qui désireraient ne pas voir cesser à leur endroit le processus
d’information, il suffit de nous en informer par un e-mail péremptoire,
du genre : J’en veux encore! et nos services reconstruiront
derechef une liste de privilégiés sur les cendres de la précédente
aujourd’hui même explosée et qui sera uniquement composée, la
nouvelle liste, de volontaires en pleine possession de (toutes)
leurs facultés.
Il aura fallu pour cela, bien entendu,
lire ces lignes, ce qui est un moyen malin visant, au fond, à ce que Dieu (qui
ne nous en voudra pas) puisse reconnaître les siens.