Les Bocals, menu

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Géraldine fait un striptease - Marvin et Daisy vont en boat - Une comédie presque musicale
Black mardi - Conversation déplacée - La formidable légende de Buffalo Bill et le Mêkingoff
Jeanne d'Arc : épisode 1 - épisode 2 - épisode 3 - épisode 4 - épisode 5 - épisode 6
Les Bocals s'emmerdent

 

Jehanne, Jehanne, pourquoi nous as-tu abandonnés ?

(suite et fin)

 

La neige a fondu ! la neige a fondu ! cantent les enfants joyeux qui ne savent pas ce qu’ils veulent, les pauvres bambins, j’ai horreur de ce mot, car les mêmes iceults psalmodiaient les mêmes rengaines, à l’inverse, il neige! il neige! quand elle tombait, bref, laissons les enfants à leurs versatilités, les enfants, c’est bien connu, même si on ne le chante pas, nous autres, sur les toits, nous n’en pensons pas moins, sont des cons. Et Jehanne Deharc revient de guerre et de Russie, où elle s’est ramassé une avoine grand A, et par moins 40° encore des déceptions à la pelle, c’est pas ce qu’on croit la guerre quand on est pucelle, et en Russie en plus. Enfin voilà. Notre hérosse rentre au pays, donc, comme vous pouvez le constater (case 1), et dans l’indifférence générale, voire colonelle, ce qui lui met quand même la honte grave. Mais c’est comme ça ma cocotte. Vous ne vous montrez plus trois mois, le monde entier vous oublie. C’est la dure loi du show biz, ma chérie, quand on te disait que c’était pas pour les saintes. Adoncques la voilà qui rentre au bercail en compagnie de ce qui lui reste de son armée, deux ou trois malheureux qui ont échappé au scorbut, à la tourista et au chasse-galant, mais pas frais néanmoins et cependant, debout sur leurs tiges, guère mieux. Vivants limite, quoi. Et pis c’est pas l’euphorie, pas un chat pour les recevoir et leur payer un coup (case 2), un café avec un croissant, un civet, je sais pas, une Chevy, un CD de Madonna, personne. La zone.

D'Arc final (50670 octets)

Blues de blues, la Jeannette. Mettez-vous à sa place, dans son armure pourrave et rouillée, ses mailles de cottes grippées, ses braies brenneuses durcies, ses chaussettes trouées et pour autant refoulantes, plus un ami, plus de shit, pas une canette, pas un beignet de carnaval — y a pas meilleur que les beignets de carnaval pourtant, quand on splenne. (Ça me fait penser que je me demande quand quelqu’un se décidera un jour à mettre un pain dans la gueule de Joe Starr pour lui apprendre à se comporter honorablement avec son petit singe en cage, vu qu’apparemment c’est une argumentation qu’il estime efficace et compréhensible.) Pas un singe pour Jeanne, que dalle que dalle — pas de jeu de mots ni calembour d’aucune marque ici, non non. Rien, la considération mes couilles, et le bouquin du Juge Halphen n’est même pas encore sorti, à l’époque. Alors donc elle en broie une pelletée sur son rocher, un rocher qu’elle avait acheté un jour chez un broc en province.

Et puis c’est le drame, Jehanne craque, un matin elle se pend avec les lacets de ses chausses qu’elle avait noués ensemble bout à bout dans la première intention de s’en servir pour s’échapper, mais s’échapper de quoi ? elle n’était prisonnière que d’elle-même et de son désespoir, donc cependant — non : se pendant, Jehanne échappe à son désespoir, jolie tournure, non ? C’est hyper-triste (case 4). Pour nous détendre (dzoing !), une vignette primesautière, afin de nous changer les idées (case 5).

Et voilà. Cette mort de la D’Arc au retour de Moscow en étonnera plus d’un, nous entendons d’ici les rictus, et ça nous fait bien rire, ha ha ha. Ayant bien ri, nous poursuivrons notre révélation en publiant des documents jusqu’alors « top secret » qu’un fouille merde de nos amis racheta à un vieux débris ancien agent du SAC qui fut jadis amant du Pape et put ainsi accéder à la bibliothèque secrète vaticane où lesdits documents se trouvaient consignés. Ou confinés. Ou les deux. La légende nécessaire à la bonne raison d’être des statues dressées par la suite à la mémoire de l’hérosse dans tout le pays, et qui sera même vénérée par le S. G. C. Le Pen et ses ouailles chaque 1er Mai, se devait d’exister. Et on ne va pas légender une déprimée revenant de Russie après une tournée de concerts nuls. Et qui promettait plus que ça, avant. On ne va pas faire une légende d’une pendue, vous déconnez, Gertrude ? C’est comme Jésus. S’il s’était pendu, s’ils s’était tranché les veines, s’il avait pris des barbitos, s’il s’était fait dessouder par une raclure de crapaudaille pour se faire piquer son cuir, vous croyez que son histoire aurait marché ? Ou victime de la maladie de la vache folle ? Vous voyez le symbole ? Les objets du culte ? La croix c’est plus classe. Comme pour la môme d’arc : le bûcher. Plus ardos, c’est net — là y a un jeu de mots.

D'Arc final 2 (38390 octets)

Donc, on cache la pendue, on la fout au jus, on la jette dans l’Eure — on remet, c’est parfait, la pendue à l’Eure — et on bricole la légende de pied ferme. On se dit que Rouen est une ville qui aurait bien besoin d’un coup de pub, monte tout le bastringue, et le procès, le Gros Cochon, tout le truc qu’on sait, enfin (et en même temps on se dit que ça pourra faire plaisir aux Anglais et les inciter à adopter l’Euro, mais mon cul, oui, les English on les connaît pas encore ! on devrait leur envoyer Bayrou, tiens, Outre-Manche, partout où ça tend, on devrait envoyer le gamin : ça fait relâcher les tensions…) Tout ça est dans les docus. On est allé cherché une pucelle vaguement ressemblante, on l’a accusée de sorcellerie, à l’époque c’était le tube, et crac, l’allumette. Un type a pris des clichés, caméra cachée (cases 7 à 11) . Du beau boulot. Les Ed. Denoël vont bientôt publier les mémoire posthumes du paparazz. Ça va faire mal grave.

Voilà, c’est fini.

Nous n’en sommes pas mécontent. Nous commencions à en avoir un peu ras, de cette épopée mensongère qui abusa et abuse et abusera sans doute encore, mais cependant moins longtemps que prévu, nous pouvons l’espérer, grâce à la publication de cette vérité retrouvée, et qui surtout fera paraître pour ce qu’ils sont les adorateurs naïfs de la Boulotte rassemblés comme les moutons qu’elle gardait derrière leur S.G.C.

LES BOCALS sont heureux d’avoir participé, de conserve, à cette oeuvre de salubrité.

Et vous saluent bien bas.

 

 

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