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Les Bocals s'emmerdent

 

Les bocals
(en euros = les bonbonnes)

Jeanne chez les Ruskofff

(Épisode je sais plus Quatre je crois)

 

Résumé d’avant :

Jeanne, pauvre gourdasse, a des problème d’audition, de glandes et de libido, des tourments et des obsessions, parmi cesttuy : bouter les Anglois hors de France (que c’est même pas son paï). Elle va secouer un dauphin dans la Cour des glands et se met au taf et nettoie Rouen de l’occupant et ensuite elle se prend comme de bien entendu la grosse tronche. Merci bien madame.

 

LA SUITE sous vos yeux :

Voilà donc que Jeanine se la joue. Guerrière et va-t-en guerre, vibrante de toutes ses fibres, dont elle est moult et nombreusement pourvue, la gaillarde. Et que je te cogne par-ci et que je te cogne par-là, sur ce qui bouge ou même frémit, pour peu que ça parle en glois (Psst ! non, he ! pas « en glois », « anglois », comme anchois, enunmot — « enunmot » en trois mots, s’il vous plait, par contre. Merci.) Et bing et bang ! Bon. Avec ses potes Gu Déclin, La Hire, et Gillou Gueule-de-Raie. Ça castagne dur donc, dignes et dingues, ça tranche et ça découpe et ça fend, ça transperce, ça se tape orgasme sur orgasme, ça fait les fols flamberge au vent. Du coup, tous ces braves gens qu’on ne paie même pas pour bouter le moins du monde et parce qu’ils se taperaient bien une cause quand même, c’est la moindre des choses, et puis ça fait au moins une bonne raison, c’est déjà ça, tous ces coïons se trouvent donc une égérie de se voir si belle en cette armure, et te lui en mettent un coup de plus. Un coup dans l’égo, s’entend. De partout la pépette entend dire qu’elle est une star. Ça lui grimpe à l’heaume. Mais de plus (et ce que c’est que le Destin, quand même, vous allez voir…) souvenons-nous, surtout vous pace que moi je sais, je sais tout, c’est moi qui fait, souvenez-vous, je dis, que la gamine a des problèmes auditifs de comprenotte: si elle n’entend pas sourd, comme disait ma grand-mère, elle plane quand même un peu surtout dans les infras. Et voilà qu’à cause de ça sans doute (ses connections grippées), au lieu de « star » elle capte « tsar », et patatras, mademoiselle s’emballe et décide errament, eneslore, autrement dit enevois, de s’en aller prendre la place du gros de là-haut, dans les steppes, de devenir tsar à la place d’icelui. Comment qu’elle est, quand même. C’est donc plus les Anglois, c’est le caviar, les Ruskofs, les gens d’ailleurs, quasi les extra-terrestres — parce qu’en ce temps, la Russie, c’est l’équivalent de Mars pour nous autres, à défaut d’Amérique.

Et que je t’embrouille et trotte ma poule, en avant plumes au vent, la voilà partie avec son armée de fans sur les routes sibériennes enneigées comme les Vosges en pire avec beaucoup plus de Russes dessus. C’est pas de la tarte, ça c’est sûr — d’un autre côté on ne va pas la plaindre non plus, et non plus que les pauvres cons du fan-club qui la suivent comme ils suivraient aujourd’hui Loana ou n’importe quelle tortilleuse du cul ou je ne sais pas quoi. On ne va pas donc. (cases 1 - 2 -3 -4 )

Cliquez sur Jeanne pour la grandir :

D'Arc en Russie (64752 octets)

La marche forcée forcément dure des jours et des jours dans des conditions de trek pas franchement repérées auparavant, il faut donc improviser sur place, ravager un peu sur l’habitant, ce qui n’est pas toujours facile et ne va pas sans quelques castagnes et quelques bonnes vieilles batailles de boules de neige ou un peu pire quand même des fois. De temps en temps. Cahin-cahat, Alain Chabat, catin caca. (cases 5-6)

Mais Jeanne ne perd rien pour attendre et n’attend point pour ne pas perdre non plus. Elle a la rage au ventre, la niaque grave, c’est une battante qu’à côté d’elle n’importe quelle pétroleuse de la Belle Époque ferait figure de limace. Du coup voilà que tout ce beau monde arrive donc en vue de la capitale des tsars de toutes les Russies, depuis le pertuis qui domine la ville, celui-là même qu’empruntera plus tard Michel Strogoff. Mais là, stupéfaction ! Jeanne est stupéfaite de voir que les moscovites (habitants de Moscov) ont préféré bouter le feu à leur ville bien-aimée dans laquelle ils sont nés depuis plusieurs générations de moscovites, ils préfèrent ça, les rats, plutôt que de voir leur ville aux mains des vils — parce que pour eux, forcément, Jeanne est une vile, et ses troufions aussi, mettez-vous à leur place, à leur place, c’est nous les méchants, tiens donc, et à leur place on a rudement chaud au cul, c’est comme ça. Donc ça crame. Du haute de sa pyramide, Jeanne dépitée contemple ces tas de siècles quarante au moins qui s’envolent en flammes (cases 7 - 8) et dont bientôt il ne reste plus qu’un tas de cendres cendreuses encendrant la neige dramatiquement blanche. Gasp. (case 9)

Et qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là ? Pas un seul orthodoxe à l’horizon, rien à piller, rien à constuprer, rien à boire ni à béqueter le mauvais plan par excellence, en un mot comme en plusieurs, qu’est-ce qu’on fait ? on se casse, on rentre chez soi, c’est pas la bonne soirée, on s’est plantés de boite et de teuf, la rave et naze (c’est une bête rave, pourrait-on dire si on l’osait, ma foi on ose), plan de merde, donc, nous l’avons déjà dit, bonsoir m’sieur-dames, on va essayer de prendre une accourcie et d’être à la maison nuitantré.

Mais des clous.

Des clous des clous des clous.

Cliquez encore sur la malheureuse ci-ici :

D'Arc en Russie 6 (59948 octets)

Déjà que l’aller ç’avait pas été du gateau, c’était néanmoins l’été, par rapport à l’hiver, et la neige, c’était juste pour l’image et le folklore de la sainte Russie. Juste pour faire un peu chier la Sainte d’Arc. La mettre en bouche, si j’ose dire. J’ose. C’était du gnagan. Mais là, on ne rigole plus, l’hiver, sa Majesté, le voici le voilà, aglagla. Ça pince, ça caille, pisser à découvert relève de la témérité, vous souriez (y a pas de quoi, pourtant) et les dents vous en tombent, scorbut aidant. On se gèle les génitoires comme il n’est point humain, mais très masculin, dans ces braies rien moins que venteuses et sous la protection d’une armure qui n’est certes point calorique, dont l’huile des charnières fige sans débander. Jeanne aussi comme aucuns se les eût fort gelées, si elle en avait eu, mais de triquebilles elle n’était point pourvue, sinon en figuré, ce qui ne l’empêche de se geler à défaut le cul, ainsi qu’en langage troupier rude ces désagréments-là sont dits. C’est pas la joie. (cases suivantes).

En gros, disons la retraite. Et de Russie, en somme. Un autre grand coïon dont nous avions à une époque envisagé de narrer l’existence, et puis nous nous dîmes que finalement non, un autre grand coïon, donc, en vécu le rimèque et s’en tira la couverture, obnubilant honteusement la prime expérience de notre Jeanneton d’Arcon (merci les historiens, aussi).

Tout ceci ne peut que mal se terminer, subodorez-vous? vous subodorez juste : traversant un fleuve immense et russe sibériquement gelé, crac la glace craque sous le poids du malheur, l’armée de la vedette s’engloutit en une heure. Ou presque. Presque toute l’armée, et presque une heure. Sous l’oeil navré de la pétulante qui pétule un peu moins, qui ne pétule même plus du tout. C’est la Bérésina.

Et sous l’oeil aussi de l’ennemi, sur une colline proche, se les gelant lui aussi mais bien moins puisque bénéficiant de la prime d’habitude des enfants du pays.

C’est mal barré pour d’Arc. Le début de la fin.

Et la fin au prochain numéro, je ne vous dis que ça.

 

PS : C’est épuisant, des fois, de narrer les épopées, dites-donc.

 

 

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