Ce qui est bien avec une fenêtre, c’est qu’on peut l’ouvrir,
quand il fait trop chaud à l’intérieur. Quand il fait trop chaud
à l’extérieur, je ne vois pas l’intérêt — d’ouvrir une fenêtre.
Ou alors… je sais pas, non, je ne vois pas. Sauf s’il pleut
dans la maison et que vous voulez arroser les géraniums sur le
bord de la fenêtre, avec un bon ventilateur, mais tout ça et très
compliqué et demande du matériel. Contentons-nous du schéma courant:
il fait trop chaud dedans, on ouvre la fenêtre, et hop. Un courant
d’air sympa s’installe, ou plus exactement traverse, à condition
bien entendu que le chemin lui soit fait à l’aide d’une autre
ouverture ouverte, quelque part dans la maison et sans obstacle,
une autre fenêtre par exemple ou même une porte une lucarne, une
bouche d’aération — les bouches d’égout ne conviennent guère,
étant la plupart du temps fermées et extérieures à votre logis,
les bouches humaines ne faisant elles-mêmes communication avec
aucune autre ouverture ouverte du corps, sinon une plaie béante
dans l’abdomen, mais nous voici en plein gore, berk.
Bon.
Nous avons donc ouvert notre fenêtre,
parce qu’il fait trop chaud dans notre gîte, c’est comme qui dirait l’été
indien, l’automne est la plus belle saison du moment.
Et puis aussi nous espérons ainsi
contribuer au plan vigipirat’ et piéger quelque malencontreux imbécile
volant qui se précipiterait contre notre home, et se trouverait donc de ce fait
et par devers lui embarqué par le courant d’air et irait s’écraser comme
une merde et comme il le mériterait dans la poubelle - pour le moins.
Car la vigipirat’ a fortafaire (de
cheval) et par exemple personne n’a songé ne fut-ce qu’une seconde à
fouiller ce pilote en uniforme de Babar.
Pourquoi ?
Parce que.
Mais aussi et très simplement parce que
Babar est un personnage éminemment sympatico, ça ne va pas chercher plus loin,
et, qui plus est, rigolo dans son petit aéroplane. Cela suffit. Prenez un Babar
débonnaire, et en voiture Céleste ! Vogue la théière !
D’ailleurs, nous vous invitons cordialement à
faire l’expérience suivante et néanmoins ci-après décrite aujourd’hui
(pourquoi remettre à demain ?) de maître: costumez-vous de vert
pomme (ou vert frigo - mon frigo est peint en vert Babar, c’est
pas des blagues) et posez-vous une couronne jaune sur la tête,
écartez-vous les oreilles, étirez-vous la trompe, coupez-vous
les doigts des mains et des pieds et enfilez sur les moignons
frais des chaussettes, noires aux pieds grises aux mains, et vous
voilà paré comme un ambroise: présentez-vous au premier aéroport
venu et embarquez peinard à bord de votre avion de bois clair.
Rien de plus facile. Vous ne rencontrerez que sourires, les enfants
lâcheront en masse la main sécurisante de leurs parents au risque
de se faire écraser en traversant sans regarder et on entendra
fuser de toutes parts des "Jean-Louis ! Cécile ! Venez
ici ou je vous fous mon poing dans la gueule dés que je vous coince
! " émanant de parents affolés par la perspective
d’enterrements en banlieue sous la pluie même pas trois mois après
la rentrée des classes, et ces enfants en sursis se précipiteront
vers vous, criant "Babar ! Babar !" et voudront
se faire photographier sur vos genoux inexistants et vous feront
chier avec moult questions et réflexions d’enfants baveurs, vous
allez voir ça, je vous le donne en mille.
Mais il n’empêche. Il n’empêche que
le peuple continuera de dire et de proférer, comme seul un peuple sait le faire
(à cheval again), allant même jusqu’à vociférer, ça ne lui fait pas peur,
au peuple, que c’est la télé qui est la faute de tout, qui donne le mauvais
exemple, comme si avant la télé personne n’avait d’hémorroïdes ni ne
disait de gros mots. Alors que c’est l’inverse. Il y a des choses auxquelles
ça ne ferait de mal à personne de réfléchir un tantinet. Un tantinet n’étant
pas un petit d’homosexuel, mais une expression signifiant un brin.
Tout m’énerve, tiens.
Plus le temps passe, plus Thierry Roland.
Voilà même qu’il écrit un livre, à cette heure, des souvenirs, dit-il sur
le même ton et toutes les chaînes, mémoires c’est un peu pompeux,
ajoute-t-il modestement, bouche en coin et bras croisés. Ce qu’il y a de bien
avec les fenêtres, c’est qu’elles se ferment quand on n’a plus trop chaud
contrairement aux thierry roland.