Ne le sont-elles pas toujours, en fait, au fond comme
au-dessus ? Tendez l’oreille, braves gens, à la pêche à tous ces mots qui
flottent échappés sans vergogne des pires asiles et centres aérés ? Ainsi qu’établissements
psychiatrés. Les conversations ne sont rien qu’un tissu, un filet à grandes
mailles qui vaille que vaille s’étire et drague à tour de langue le fond de
nos océans inconscéants. Oui mon pote.
Parce que nous n’avons rien contre Amélie, notons-le bien.
Ni contre Frédéraque ou Carmichael ou Jean-Martinique ou la baronne. Ah, la
baronne !!! Du jour où elle sortit à cinq heures, celle-là, dites-donc ! Mais
dieu qu’elle est conne, la baaaronne ! Vous ne trouvez pas? Ah, moi si. Moi je
trouve. Conne comme un taliban. Sauf que les talibans ne sont pas seulement
cons, ils sont méchants aussi. La baronne non. La baronne est simplement conne.
Encore qu’il faut se méfier, avec les cons, souventement.
Avec les méchants aussi, d’ailleurs.
C’est comme Ouelbec, qui n’est ni con ni méchant, qui n’écrit
juste pas terrible et raconte des choses que tous les auteurs de science fiction
ou presque ont racontées en mieux il y a vingt ans pour le moins et qui se
retrouve porté au pinacle par des braves gens qui n’on jamais daigné lire de
la sf parce que ça faisait vulgos ou popu ou pas sérieux en tous cas. Qu’est-ce
que Ouel’ vient faire ici, au fait? Ah oui, il fume trop, moi, je trouve, il a
les doigts jaunes et ça va lui jouer un tour de poumons un de ces quatre,
Michel, c’est moi qui te le dis, mange plutôt du petit salé aux lentilles.
On ne dira jamais assez les vertiges du petit salé aux lentilles. C’est quand
même pas dur de s’en remplir une boite de cigarillos en métal extra plate,
et hop, avec une ptite cuiller en plastic, un coup d’envie de fumer, on se
fait une cuillerée en douce. Mais je vous sens retors.
Ouel’ je t’en prie, fais un effort.
Quant à Amélie, c’est comme Marinella. Même combat. Je
ne sais pas vous, mais Tino Rossi m’a toujours fait gerber, ou serrer les
dents. Napoléon aussi. Le reste de la Corse, non, excepté quelques uns. C’est
comme la Gironde ou l’Alsace. Je n’y ai jamais mis les pieds et c’est pas
maintenant que je vais commencer. En Corse. En Alsace, si.
La plupart du temps, les monologues aussi sont déplacés. Un
monologue s’adapte souvent en conversation, une conversation c’est un
remaque de monologue, en version sous-titrée.
Quant à la peinture, il faudrait quand même arrêter d’en
dire n’importe quoi, n’importe qui, et n’importe où, c’est d’ailleurs
comme la litté-rature: un peu de décence, un peu de compétences, que diable.
Ou diantre. Ou un peu de ne ne sais pas quoi, mais un peu. Un minimum. On les
compte sur les doigts de la main. Même ma sœur vous le dira.
Il fait un temps de mûres, je trouve.
C’est pas tous les jours.
Allez, jeunes fiancées et vieilles veuves, cliquons,
cliquons! Pour ma part, non seulement je ne bois plus, mais je trouve tout le
reste lamentable, et il faut dire qu’au contraire de ses livres ses chapeaux
sont quand même surprenants.
ICI
¯
Bandana
Nenapa
Rudebric et debroc
Vous voulez jeter un oeil sur le monde ? Le vrai ? Une seule
(en tous cas, une bonne) agence de voyages :