C’est étonnant la vitesse à laquelle on peut perdre un jour. J’ai perdu Samedi. Pourtant je suis persuadé l’avoir utilisé. En partie en tous cas. Tôt le matin. Petit déj, couper le bois, aller donner à manger aux poules de mon voisin, renifler l’air du temps, ces choses habituelles propres aux matins.
Ensuite ? Je suis allé au village proche distant de 7 kms, à pieds. J’en suis revenu. J’avais une course à y faire.
Je devais penser à autre chose.
Il y a, dans un recueil de nouvelles titré « Le mieux est l’ennemi du chien », de Leon Rooke, aux éditions Phébus, une nouvelle qui s’intitule Le roi du planning familial de Haute Volta et qui débute par cette phrase : « Il m’est arrivé aujourd’hui une chose extraordinaire : En me réveillant je me suis aperçu que j’avais perdu hier ! » Quand je vous disais que ça arrive. En l’occurrence, moi, samedi.
Que l’occasion me soit donnée de dire tout le bien que je pense de Leon Rooke. Enorme écrivain. Tout ce qu’il a écrit, ou en tous cas beaucoup, est publié aux éditions Phébus. Cela mérite non seulement le détour, mais l’arrêt d’urgence.
Et à propos de livres, en voilà un autre : De mon chien comme preuve irréfutable de l’inexistence d’un dieu omniprésent. Bon. Oui, c’est le titre. C’est une histoire en dessins. C’est signé Manu Larcenet. C’est édité chez «6 pieds sous terre éditions ». C’est à mourir de rire. J’ai « lu » cet ouvrage au moins 87 fois depuis que la compagne de mon fils, qui est une personne de goût, me l’a offert. Tous ceux qui ont un chien, qui voudraient un chien, qui ont eu un chien, qui n’aiment pas les chiens, devraient obligatoirement lire ce livre qui ne contient pas un mot, juste des dessins, des bruits, des odeurs. Tu te lèves, tu mets l’œil dedans, et hop c’est une bonne journée qui s’annonce – après tu te débrouilles.
A part ça mon citronnier va très très mal… Là, tel qu’il est, dans son pot, pour savoir qu’il est encore citronnier, il faut lui demander ses papiers.
J’espère que demain sera bel et bien Lundi.
Mais voilà qu’en l’écrivant j’ai un doute… Des fois, le monde vous glisse entre les doigts, mine de rien, autour de vous.
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 5 avril 2009 dans 