dimanche 08 mars 2009
Au fil de la trame des jours...
C’est étonnant cette façon qu’ils ont de nous fabriquer l’actualité. Un petit futé dans un centre de presse, passant en revue les infos qui pleuvent, décide que celle-ci est suffisamment intéressante pour étancher la soif de savoir du bon peuple.
Et zou, il balance la chose, reprise et diffusée partout, dans toutes les revues de presse, tous les journaux, radiophoniques, télévisés, de papier, sur le net. La new est d’une importance capitale, le petit futé qui a décidé de son extraction est futé.
Voilà de quoi notre quotidien environnemental est alimenté, de quoi notre monde est fait, ça m’a toujours sidéré.
Pour exemple, au hasard dans ces informations essentielles sans qui notre existence serait terne au possible: Jacques Séguéla a dit que celui qui n’a pas de Rolex à 50 ans a loupé sa vie. Il a balancé ça comme du bon pain dont il a le teint.
Aussi sec (le pain), la réflexion hautement pertinente a fait le tour de la terre. Pourquoi, foutredieu, cette connerie-là plutôt qu’une autre ?
Parce qu’elle était plus parfaitement conne que n’importe quelle autre prononcée par Séguéla, pourtant pas très avare en la matière ? Et pourquoi écouter ce que disent ces sortes de personnes ? qu’est-ce qui fait qu’on mérite d’entendre répétés les propos de Séguéla plutôt que ceux de n’importe qui ?
La vie est un profond mystère, jusque dans ses frissonnements les plus anodins. Séguéla, toujours lui, a écrit un livre dans lequel, m’a-t-on dit, il se raconte et en raconte d’autres, comme par exemple sonamiprésidentnicolasarkozy, et madame. Génial. A n’en pas douter.
Combien vont se précipiter sur l’objet en le supputant suffisamment intéressant pour l’acheter et le lire ? je n’ose répondre. Cela dit, sur ce plan, JS ne fait pas plus original que tous ceux qui écrivent aussi des livres pour raconter leur vie estimée suffisamment intéressante. N’importe qui. Pourquoi pas moi, d’ailleurs ?
C’est bien tentant d’écrire un livre. A croire que celui ou celle qui n’a pas écrit un livre à cinquante ans n’a pas réussi sa vie. Et un élu qui n’a pas fait passer une autoroute dans sa région a lamentablement foiré sa carrière. Ce genre de péremptoires déclarations… Et Philippe Lucas a dit : « Je ne vais pas à Dunkerque pour le soleil ».
Ainsi soit-il.
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 8 mars 2009 dans 
Bavardages
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