dimanche 17 mai 2009
En vrac : Cannes, Imaginales, corrida, Melody…
Certains matins, on ne sait pas pourquoi ces matins-là plutôt que d’autres, nous voilà fatigués au réveil. C’est mon cas en moment. La perspective des jours à venir et des choses à faire… Allez savoir. Par exemple, je m’étais bien dit : plus jamais ! après avoir écrit ce roman de quelques kilos qu’est C’est ainsi que les hommes vivent. Plus jamais la force et le temps de me relancer dans ce genre d’aventure. Craché juré. Et puis voilà que sans crier gare une idée est venue. Qu’elle a pointé le nez , sournoise, la fine garce, et je l’ai bien évidemment repoussée de toutes mes forces, je ne suis pas né de la dernière pluie, je sais comment ça se passe. Donc je l’ai repoussée, l’idée, vigoureusement. Hop ! Au fossé. Une chanson de Félix Leclerc, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, les pauvres, dit : C’est un petit bonheur que j’avais ramassé, il était tout en pleurs, sur le bord du fossé… Seulement voilà, l’idée s’est accrochée. Elle est sortie du fossé je ne sais comment et s’est re-pointée, elle est là, elle a gagné. Bon. Il faudra bien que je m’y mette un jour et je sais déjà que ce sera titanesque. Donc m’en voilà, rien que d’y penser, fatigué par avance. C’est comme ça que ça marche quand on travaille dans l’imaginaire : on peut s’épuiser sur des tâches qui ne sont pas encore en cours.
Sinon, des informations en vrac vous arrivent dés qu’on prête un peu l’oreille, et qui ne sont pas faites non plus pour reposer. Le festival de Cannes. Reportages sur toutes les chaînes et dans tous les journaux en direct de la plage avec fond d’horizon, le tapis rouge et les marches, les interviews et les numéros dans les journaux télévisés, etc. Alors que dans le genre Festival nous avons à porté de main celui d’Epinal, Les Imaginales, là, en ce moment, avec des invités nous dit-on prestigieux qui signeront des livres, des discussions, des conférences, des déjeuners, des dîners, du cinéma, des remises de Prix ( notamment un magnifique objet d’art ridicule et laid qui à lui seul vaut son pesant de plastique ) agrémentés de discours de quatre heures et de remerciements concis et émus comme il se doit, de rencontres, de beau temps, mais sans reportages sur toutes les chaînes depuis les plages de la Moselle. ( Par ailleurs, et entre parenthèses,dans ce vrac : Rachida Dati achète pour 500€ de journaux et magazines par jour, c’est une info. Question : Quand prend-elle le temps de les lire ? ) Et au milieu de tous ces événements, deux de taille. D’abord un livre : ça s’appelle Corrida, basta !, c’est écrit par Christian Laborde, édité chez Robert Laffont. Et c’est magistral, un régal, qui risque de rester en travers de la gorge de beaucoup d’aficionados. Charge énorme contre ce spectacle d’un autre âge paré des atours mensongers d’une soi-disant noblesse dans l’art de la cruauté et de la mort infligée par jeu. Et enfin une chanteuse. Melody Gardot. Inconnue de nos oreilles ébahies (et une oreille ébahie c’est quelque chose !), en tous cas des miennes, jusqu’à ce matin. Et là… là, ce n’est que du bonheur à entendre, Madame Melody. Du coup, voilà que d’ores la journée à venir est belle. Avec du sourire et du petit bonheur sur le bord du fossé. Sans rire.
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 17 mai 2009 dans 
Bavardages
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