dimanche 14 juin 2009
Le temps des bras qui tombent
Voilà maintenant que Madame M. (terrain miné, j’avance avec une extrême prudence il va falloir prendre désormais les plus grandes précautions si on ne veut pas courir le risque de se retrouver au commissariat, au cachot, au gibet, sur l’échafaud, en un mot : puni), que Madame M., donc , une des Nadine de la bande à S., attaque en justice une malheureuse qui a eu le tort de se moquer un peu d’elle sur le Net. A l’exemple du chef de la bande vénéré prétendu injurié quand un passant crie son nom dans une gare, Madame M., Nadine de son prénom, s’estime salie publiquement elle aussi quand une plaisantine lui lance un « Hou ! la menteuse » rigolard sur Internet. Une fois de plus je crois rêver et une fois de plus non. Une fois de plus les bras m’en tombent. Sales temps pour les bras, ils n’en finissent plus de choir à tours de bras, comme en automne les feuilles.
Les faits, d’après le Parisien : Une mère de famille des Landes est convoquée le 11 juin au commissariat de Dax pour avoir écrit « Hou la menteuse » sur le site Internet Dailymotion, sous une vidéo d’une interview de Madame M. sur iTélé. Dans cette interview, datant d’octobre 2007, Madame Nadine nie être entrée dissimulée dans une réunion de Ségolène R. Si elle portait capuche dit-elle c’est qu’il pleuvait. Par contre, dans un autre reportage d’Envoyé spécial celui-là, on la voit entrer dans la place encapuchonné et expliquant qu’il ne faut pas que Ségolène R. soit informée à l’avance de sa présence. « Hou la menteuse », donc. Soyons juste, Madame N. (ou M.) n’entend pas poursuivre cette abominable lanceuse d’injure… Madame N. fait la distinction entre l’injure, la vraie, et la fausse, et s’étonne même de la réaction policière à l’encontre de la rigolote « hueuse ». Mais néanmoins. Néanmoins un service justicier, policier, a eu cette réaction au nom de Madame N. Et il est vrai que Madame N. a effectivement porté plainte pour injure publique envers un membre d’un ministère. Ça devient risqué de traiter la gent politique au moins aussi vertement que certains d’entre eux se permettent de vous traiter, vous et nous, à l’occasion. Suite à cette affaire hou-menteusienne, j’ai testé le nom de madame M. autour de moi. Ce que ce nom déclenche en épithètes est pour le moins étonnant. Je ne suis pas fou, je ne répéterai pas… Les qualificatifs vous étonneraient, Madame. Ceux-là vont de pair avec votre fonction, adaptés à l’emploi, ne sont pas bêtement grossiers et hors propos. Je songe à ces pamphlétaires d’un autre âge qui n’avaient pas peur de manier la langue… Je me dis qu’agissant de même ou moindrement, ce jour, ils seraient pour le moins estrapés, ou une équivalence… Je me dis que nous voici venu l’automne permanent : la saison où les bras nous jaunissent et tombent chaque jour davantage. Il va falloir ruser pour pratiquer librement le plaisir de l’insulte, les gars ! La vraie, la grande, sur la bonne longueur d’ondes. Dire de quelqu’un que c’est un con ou une conne, en parfaite adéquation, sachant ce que cela signifie et sachant pourquoi la banderille se justifie. Avancer à couvert, les gars. Cagoulés… mais voilà que la cagoule aussi est repérable. Ne nous reste que la conversion à la faux-culerie, dans l’intérêt des familles. On nous aura cherchés, Madame N.
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 14 juin 2009 dans 
Bavardages
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