Je suis passé à côté, c’est tout moi, ça. C’était trop tard quand je l’ai entendu dire dans les journaux télévisés, essentiellement, je n’ai rien inventé, je n’invente jamais rien, la question que la France se pose est : L’Américain va-t-il remettre ça pour la énième fois ? une nouvelle victoire dans le Tour de France ? Lance va-t-il le faire ? Eh bien, oui, donc, je suis passé à côté de cette question essentielle et qui a visiblement interpellé tous les Français, dont je suis pourtant quelque peu, comme tout le monde. La question ne m’était pas venue. Je me demande parfois à quoi je pense, mais à quoi tu penses, donc, me disait quelquefois ma mère qui semblait croire que je ne pensais à rien alors que, évidemment, je n’en pensais pas moins. Là, zéro. Armstrong ne m’évoquait au mieux que celui de la lune et son pied dessus. Armstrong peut-il renouveler l’exploit, ou plus exactement le consolider ? Sera-t-il, en quelques mots comme en quelques autres, un second Jeannie Longo ? Ne serait-ce pas son but secret, inavoué ? Il va nous falloir attendre un moment pour le savoir. En tous cas pour le moment, la question que toute la France se pose n’a toujours pas de réponse, je me demande ce que toute la France en pense, à part ceux qui pensent que oui et ceux qui pensent que non. Nous voilà bien avancés, la France et moi, qui ne me pose toujours pas cette sacrée question, vu que je connais la réponse et que la réponse n’a rien à voir avec la question. Je ne sais pas si je suis bien clair. J’ai peur que non.
Une autre question que la France aurait pu se poser, à mon avis, est la suivante : Est-ce qu’il va faire beau pendant les vacances ? Voilà une interrogation intéressante, le type même de questionnement parfaitement inutile mais qui fait passer un moment et n’appelle aucune véritable réponse juste. « Beau » signifiant « grand soleil ». Des nuages, ce n’est plus beau, plus tout à fait. C’est un risque de pluie. La pluie, ce n’est pas beau du tout et ça ne sied pas aux vacances. Les vacances, ce n’est pas fait pour se reposer, par exemple, comme des naïfs pourraient le penser, non non non, c’est fait pour qu’il fasse beau et qu’on aille rôtir nos graisses sur la plage et boire des apéros dans l’atmosphère joyeuse des campings avec nos voisins de tentes ou de caravanes, ce genre de choses. Les vacances et la météo, voilà une bonne question pour la France. Alors, la France pourrait le demander officiellement : pourquoi fait-il toujours moche au nord de Loire, et beau en dessous ? Je n’exagère pas. On ne nous dit que ça, en permanence. Au nord de la Loire, grisaille, nuages, merdouillerie climatique ; au sud de la Loire, ciel bleu et rôtissoires. Donc, la question qu’il serait temps que la France se pose, la voici : Qu’attendent nos élus pour promulguer une loi, ils sont si forts en lois, pour promulguer une loi qui interdirait à la Loire de se la couler douce plus bas que la Belgique, le Luxembourg, les frontières de l’Est ? Qu’attend-on pour ordonner à la Loire d’aller couler plus haut, chez nos voisins amis, suivant par exemple les frontières de la France sur le quart Nord-Est et le Nord, jusqu’à la Mer du Nord. Elle se tape bien le Rhin, la Mer du Nord, la Loire en plus, ça lui ferait ferai une belle jambe, elle s’en fiche pas mal, la Mer du Nord, elle en a vu d’autres. Ils ne peuvent pas y réfléchir un peu, nos hommes politiques, à ces problèmes-là ? La France leur en serait reconnaissante, je suis sûr.
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 12 juillet 2009 dans 