dimanche 15 novembre 2009
Le Bal des nazes
Hallucinant. Ils ne se reposent donc jamais ? Chez ces gens-là, monsieur, les 35 heures doivent bien faire rigoler. Toujours sur la brèche, à l’affût, prêts à bondir, et zou ! La première connerie à dire qui passe, je te lui saute dessus, je te la flingue je te la balance dans ma gibecière pour te la ressortir triomphalement à la première occasion que je vais même provoquer en urgence si elle ne se présente pas assez vite. Ça pourrait être drôle. Mais à force on n’en a plus envie de rire, c’est to much, ça devient inquiétant. Ça fout les chocottes. Un de ces chasseurs qui n’est pas rentré bredouille cette semaine s’appelle Eric Raoult. Avant sa pitrerie du moment, on l’avait vu passer vite fait sur le petit écran, il déclarait une vague platitude dans la ligne des propos à tenir, en langage tribal UMP asservie au Petit Potentat, un tour de valse et il s’en allait vaquer ailleurs, on ne le revoyait plus avant un moment, il y en avait d’autres qui prenaient sa place sur le manège, c’est pas ça qui manque, on en a plein qui s’en donnent à cœur joie pour essayer d’attraper le pompon, les tours gratos et la reconnaissance du patron, ils adorent ça. Raoult donc. Un petit gros, l’air con. Quoi, insultant ? Ce n’est pas une insulte, c’est un mot français, vulgaire certes, utilisé selon le dictionnaire pour « désigner une personne comme étant stupide, naïve ou désagréable ». C’est même presque gentil. Raoult donc, l’air stupide, naïf et désagréable, Eric de son prénom, député maire de son état, confond Marie Ndiaye, Prix Goncourt, avec Miss France et lui imposerait, dans son idéal, un devoir de réserve sous prétexte que son prix la place en position de représentation de la France ? Si ce n’est pas dire des conneries, c’est quoi ? Depuis quand un écrivain primé par le Goncourt représente-t-il la France ? Depuis quand n’a-t-il plus le droit d’opinion, mais celui, de droit, de fermer sa gueule, selon l’expression de l’autre poissonnière Morano qui n’en loupe pas une, elle non plus ? C’est donc ça ? Pas le droit de critiquer la politique du Petit Président (et non pas la France, Eric !), pas le droit de ne pas hurler du même cri que les loups de la meute dominante, pas le droit de faire partie d’une autre bande, pas le droit de ne pas dire que le chef est le plus grand, le plus beau, le plus chef.
Suis-je con, moi aussi (stupide, naïf, désagréable), si je les trouve gratinés, dans la tribu des têtes à claques ? Sans parler par ailleurs du chef de file du lot, qui s’intitule lui-même « machine à faire des citoyens » bien cartés, avec son machin sur l’identité nationale, ni du ministre de la communication qui ne connaît même pas le prix de base d’un timbre, comme il n’y a pas si longtemps celui de l’éducation infoutu de faire une règle de trois. Ni de Bernard Laporte à qui tous ces méchants (qu’il ne ménage pas, il a le droit, lui, il n’a pas eu le Goncourt mais il a quand même écrit un livre) ont fait bobo…
Je ne sais pas si c’est l’approche de l’hiver, mais j’ai froid dans le dos.
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 15 novembre 2009 dans 
Bavardages
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