dimanche 18 octobre 2009
Dessine-moi des moutons...
Depuis l’après 1789, j’ai peur que de main de maître le bourrichon nous soit monté. Politiquement, parlant, en tous cas… Les petits princes sont toujours en demande de moutons à tondre, et c’est ce qu’on leur accorde d’enthousiasme. Aujourd’hui de plein gré les moutons dansent au casse-pipe, invitant les loups à jouer les D.J. dans les fêtes qu’ils donnent au fond des bergeries, pour fêter la démocratie. Bien joué. Les dîmes et les gabelles ont juste changé de label, non seulement toujours présentes, mais plus diversifiées, elles ont fait des petits, la manière a changé, le principe demeure, avec ce grand précepte qui est de laisser pisser et bêler le mouton juste de quoi ne pas lui laisser comprendre qu’il n’a, de toutes façons, qu’à la fermer. Un mouton, même s’il gueule, ça ne tire pas à conséquence. Tout petits, on apprend aux agneaux le silence.
A d’autres animaux de la ferme, on apprend par contre la cuisine, et comment accommoder le mouton, à toutes les sauces. Le petit prince Jean s’avance, babines retroussées, vers le buffet. Aux âmes bien nées l’appétit n’attend pas le nombre des années. La méthode est très simple : fort de ses privilèges en ces temps de nouvelle monarchie démocratique, le Petit Prince a reçu de papa une invitation à la cour des grands, le plan de table modifié pour lui donner la place. En récompense ? De quoi ? Le petit Prince n’est même pas un bon élève, au fond, quatre ans de droit dont deux années redoublées, et pas l’ombre d’un bon point au bout, lui qui veut être jugé sur son mérite, ça la fout mal. Alors que — selon une offre d'emploi qui figure sur le site internet de l'Epad, et que Le Canard Enchaîné a déniché mercredi 14 octobre — : une admission "en master 2 de droit public", soit un bac+4, est exigée pour présenter sa candidature au simple poste d'"assistant du responsable des Marchés Publics"… Ce qui n’empêche pas notre Prinçounet aux boucles coupées pour l’occasion, bi-redoublant pour tout bagage, de briguer, lui, le poste du chef. C’est un fonceur… On nous le dit tous azimuts. Et toute la bande des nommés (pas élus) courtisans cireurs de pompes de monter au créneau pour nous assurer que le petit est grandissime, et qu’il a été élu, que c’est de cette élection démocratique qu’il tient sa légitime valeur. Par exemple, entre autres, Rachida revenue de Grévin où elle nous faisait des vacances (elle qui n’a pas été élue au sien, de poste, que je sache), nous l’assène, que c’est ça la démocratie et que de toutes façons… il sera élu à la fonction.
Il SERA élu.
Car ils savent ce que sera le vote, donc. D’ores et déjà écrit.
Persiste et signe : la Démocratie.
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 18 octobre 2009 dans 
Bavardages
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