dimanche 21 février 2010
Belles images et grands cris
Evidemment on peut s’affaler devant la télé (parce que s’affaler pour ce faire est encore la meilleure position inventée à ce jour) et regarder à longueur de soir et de nuit les jeux olympiques, en basculant de France 2 à France 3, aux ordres des présentateurs. On peut. C’est dans le domaine skiable du possible. Vancouver, ses pluies ses flocons et ses brumes. Ses méd… oh pardon. (Si, quand même, ses médailles, qu’est-ce que c’est que cette mauvaise foi et cette moquerie facile ?) Ses compétitions de toutes sortes de trucs et de machins qui glissent, depuis les skis jusqu’aux patins en passant par les palets et les planches et les luges et les bobs (les sleighs), les pierres et même les fesses. On peut faire ça, s’affaler devant l’écran, d’autant que le spectacle est magnifique, quand même, en général.
On doit le mieux voir à la télé que sur place, ceci dit, pas le même angle, mais quand même, man, ça ne doit pas être déplaisant d’assister à l’événement sur place. Ça m’aurait bien plu d’être invité à l’événement, une fois, tiens, avant la retraite. Les J.O. d’hiver ou d’été. Moi qui ne suis sportif et compétiteur que tellement peu ! Tellement virtuellement, dont les exploits ne dépassèrent pas le 1,20 en saut en hauteur (pour mon brevet sportif) et le je ne sais combien de secondes au 60 m (mais c’était pas si mal, j’étais bon, ne rigolez pas, depuis j’ai ralenti…) Bref. C’est du spectacle volontiers spectaculaire. Et qui vous fait vibrer. Et puis les médailles, par-là dessus… Moi qui non plus ne suis ni guère chauvin ni nationaliste, ni sans doute dans les bonnes cases de l’identité nationale de l’autre face de mérou en forme de ministre traître, ni rien de tel – et bien on vibre. Néanmoins. Alors les médailles, les médailles qu’on espère et qu’on nous promets et qu’on nous dit qu’on est chanceux de risquer d’en avoir et puis… Eh hop, le temps de trouver ses marques et de s’habituer et c’est fini, on fait les valises, la fête remballée… jusqu’à la prochaine coupe du monde de foot. On n’a pas fini d’être crevé. En tous cas, médaille d’or aux commentateurs qui ont cette année employé un nombre de fois incalculable le mot/exclamation ENORME !!!
Donc résumons : on peut faire ça – l’affalement, la télé, les j.o.
Mais on peut aussi pratiquer une autre sorte d’exercice qui vous fera vibrer pareil, oui oui oui, prendre du bon temps pareil, décoller pareil. Sans le suspense et la tension cardiaque toujours dangereuse de l’attente et de l’espoir de victoire. Lire des livres. Parcourir des pages, couvertes de mots et d’images.
Lire une aventure de La Vavache, par exemple, intitulée Le Mourf, aux éditions Puceron, par Virginie Vertonghen et Carine De Brab. Ça ne m’étonnerait pas que ce soit des Belges, sinon elles le devraient, et les Belges quand ils s’y mettent dans le domaine de la marrade, c’est des forts.
Lire J’aime pas le téléphone portable, dans la collection « J’aime pas » aux Editions Hoebeke, par Lefred-Thouron et Lindingre. Qui mériteraient d’être belges. J’ai déjà dit, j’arrête pas de le répéter, que quand je serai grand je voudrais être Lefred-Thouron, et bien je me demande si je ne voudrais pas être Lindingre aussi.
Et puis… et puis lire un total chef-d’œuvre de la BD poétique et fantastique et drôle et magnifiquement dessinée : le premier volume de la réédition de l’intégrale des aventures du Docteur Poche, chez Dupuis, par Westerlain dont Franquin disait qu’il aimerait dessiner comme lui… et ça c’est du grand bonheur qui vous remonte de l’enfance si vous avez eu la chance de lire Docteur Poche en ces temps anciens ! Sinon, si c’est une découverte, c’est quand même du bonheur, et du revigorant, je veux, mon neveu !
ENOOOOOOORME !
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 21 février 2010 dans 
Bavardages
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