dimanche 14 mars 2010
VOTEZ A.R.T.J.
D’abord, je dis simplement ceci : comment peux-t-on croire aux intentions clamées, promesses, engagements écrits par une foultitude de candidats aux élections ? Ni plus ni moins, une question. Comment croire à la vraie sincérité de certains de ces candidats, au lu de leurs programmes tirés pourrait-on croire à la même source de lieux communs électoralistes ? Comment admettre qu’ils s’investissent sincèrement dans et de ce pouvoir qu’ils appellent pour nous représenter ? Lequel d’entre eux se croit véritablement capable de ME représenter, de parler et d’agir en MON nom ? C’est à dire au nom de tous ? Je ne dis rien d’autre, qu’une grande méfiance envers la sincérité de certains, surfant sur la démocratique mise en scène, ces menteuses et menteurs obligés en campagne – et que l’on voit à l’œuvre, dans leur rôle, une fois parvenus au poste qu’ils briguaient langue pendante. Bon. C’est toute la seule question que je posais. Je n’en ai pas après la démocratie et son principe du moins pire – comme le disait donc, plus élégamment, W.C. (1)
Ce qui me donne l’occasion de rebondir sur le droit que nous avons, me semble-t-il, à moucher tel ou telle qui nous semblent bien baveurs et enchifrenés dans le propos. L’association d’idées me vient sans doute du fait que je suis présentement et personnellement assommé par une crève infernale. Mouché, donc… à tous les sens du terme, et ce sens-là, aussi. Ce qui rejoint, voyez comme c’est drôle, un discours que j’entends sur les ondes de temps en temps, qui nous incite aux petits gestes écologistes et écologiques, dans le bon sens de ce terme très injustement galvaudé et maltraité depuis… depuis qu’il existe, quasiment. (Car s’afficher et se prétendre écologiste est presque devenu un acte de courage, face aux contre-attaques dont on n’a guère de mal de deviner d’où elles viennent quand elles ne sont pas clairement revendiquées par les caïds de l’amalgame). Or, on nous dit : ne gâchons pas. Conseil, ceci dit, que ma mère me donnait déjà sans avoir besoin de maître à penser. On nous dit, dans cet ordre d’idée, d’aller au restaurant avec notre petite serviette en poche, ce qui évitera l’emploi de celle, en papier, mise à votre disposition. Pourquoi pas ? Je voudrais donc m’élever personnellement dans le cadre bienvenu de cette campagne anti-gâchis consommateur contre ces énormes gâchis issus de la papeterie, et notamment celui, ô combien énorme, planétaire, des mouchoirs en papier ! 20 milliards de mouchoirs en papier (d’une seule marque !) vendus en France dans l’année. Plus de 600 par SECONDE. Une seule marque. Alors, dans le monde ? On nous a fait le couplet de l’hygiène. On se mouche, on jette, et hop. Et on jette où ? Et avant de jeter, on en fait quoi ? Le couplet de l’élégance aussi. C’est élégant de se moucher dans un machin qui se déchire et vous en colle plein les doigts ? Moi je dis : vive le tire-jus d’ancestrale efficacité, le truc de Cholet, le machin en coton, à carreaux de préférence, bleu, violet… la bonne nappe dans laquelle il fait bon s’épancher sans risque, qu’on replie sur le dégât, qu’on empoche, à l’abri, jusqu’au prochain lavage et emploi. Pour les dames, l’élégance dans la forme et la texture, la dentelle, c’était joli, la laine de Pashmlina, lin, soie… (si la soie est appelée volontiers au pet haut de gamme, pourquoi pas à plus forte raison au rejet nasal), au Lin Vosges, soyons chauvin…
C’est comme cracher… mais ce sera pour une prochaine fois…
En attendant, j’appelle ici à un boycott du mouchoir en papier, à l’adhésion massive à l’A.R.T.J. (2), geste écologiste s’il en est en participation évidente au sauvetage de la planète.
1) W.C. : Winston Churchill.
2) Association pour la Réhabilitation du Tire-jus
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 14 mars 2010 dans 
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