dimanche 28 mars 2010
La meilleure !
Je regardais d’une oreille distraite la télé, jeudi, depuis la cuisine où je devais préparer une quelconque soupe de printemps, les senteurs de cuisson commençaient de flotter et qu’entends-je ? C’était sur Canal + dans Le Grand Journal, qu’entends-je ? Que Pal Sarkozy était là, le papa, oui, et pourquoi ? Parce que le papadupetit a écrit un livre. Sur sa vie. Oui, sa vie. Déjà, voilà qui me troue, mais de plus le monsieur est invité sur cette chaîne et dans cette émission qui, pourtant, je me souviens, il y a quelques années, au beau temps de Gildas, De Caunes et Cie, ne s’abaissait pas à de telles putasseries, ne se croyait pas obligée de passer par la case people pour faire croire que de prétendus artistes en tous genre offraient quelque intérêt à être vus, lus, entendus. C’est devenu n’importe quoi. Ecouter le préposé à la littérature et Michel Denisot en tête commenter le bouquin du papa est proprement confondant de vulgarité. Au sens vulgarus du terme et de la lèche. Faut de l’effort pour trouver du talent et de l’intérêt à ça.
Parce que voilà donc un vieillard qui nous raconte sa vie, estimant que la chose peut être intéressante et singulière, au point qu’il envisage d’en faire peut-être une série télé, un jour. Je rêve. Sa vie de baiseur et d’abandonneur de famille, voilà de la singularité haut de gamme. Occasionnellement, géniteur d’un chiard, un jour, qui deviendra chef de bande sur la plus haute étagère de l’état. Ci-gît le grand mérite du papa Sarko. De ses couilles exubérantes ne serait pas sorti le spermato fébrile (déjà) gagnant la course à l’ovule de maman, le vieil homme serait donc un vieil homme comme des millions à qui personne n’aurait jamais demandé, sinon éventuellement son numéro de sécu pour le remboursement de ses couches, mais jamais au grand jamais d’écrire ses mémoires et de nous encombrer l’espace littéraire avec sa prose, laissant faire à ce jeu des tas d’autres déjà suffisamment nombreux, squatteurs autoproclamés occupants légaux de la place. Sans ce sacré spermarkozy, nous serions peinards et les père, fils, petit-fils, de cette famille nous ficheraient la paix, Carla serait paxée à un chanteur, bref… Et le présentateur (depuis ma cuisine, j’entends) de baver sur le style du pépé (ou de son nègre). Le style, c’est ça : « Les femmes. Mes amours furent autant de délicieux foutoirs que de réels engagements. »
Ah bravo. Effectivement, ça c’est du style. Si les femmes sont un foutoir (de foutre, évidemment), ça donne l’idée qu’on peut se faire du produit qui en résulte parfois…
Donc voilà. Un merveilleux bouquin de plus, dont l’auteur est visiblement très fier et satisfait.
Pourtant, pépé, votre histoire et votre livre, sauf votre respect, ON S’EN FOUT. A part évidemment quelques milliers de lecteurs de Voici qui vont séance tenante se ruer dessus avec le sentiment profond de s’abandonner à la littérature…
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 28 mars 2010 dans 
Bavardages
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