vendredi 29 juillet 2005
Le petit Marcel

 

Quel temps fait-il ?

Ici c’est de la pluie. Une nouvelle fois juillet pourri ou quasiment, et des images télé énervantes, genre sécheresse partout ailleurs, mais c’est de ma faute aussi, pourquoi regarder la télé ? Pourquoi encore. L’été à la télé c’est pire que tout. La météo n’est pas seulement pourrie, du coup. Douste-Blaze, Terminazy, Chiraczi, Etc.zi. Madame-zi. dans Match, la vie, les gens, les bêtes, les us et les coutumes.

Lance a re-re-re-re-re-re-regagné le Tour de France, avec les commentaires de Gérard Holtz en plus c’est davantage que kitch, c’est kitchenette. Excusez-moi. Pas pu résister. Et c’est pourtant la moindre des choses de résister à Gérard Holtz, c’est un devoir de sauvegarde.

J’ai un copain qui fume du lard. Mais non pas dans sa pipe, vous êtes lourd, on dirait du Gérard Holtz. Dans un fumoir fabriqué maison. Portable. C’est pas beau ?

 

Une fois de plus

Une fois de plus le temps est passé. Une fois de plus ? C’est idiot. Comme d’habitude , le temps est passé. Même pas à mon insu. J’ai fait d’autres choses. On dit : « Zut, alors ! je n’ai pas vu le temps passer ! », on dit des bêtises. On ne voit pas certaines choses passer. Certes. Tandis que d’autres… Ah, les choses !

Par quel bout rattraper le temps perdu, qui ne se rattrape donc jamais ?

Méchamment

Il y a quelques mois est sorti Méchamment dimanche, sur les étals, pourquoi ne dit-on pas les étaux. Méchamment Dimanche est sorti dans les étaux. Un peu plus tard il a reçu le prix Marcel Pagnol et j’en suis fort content, ravi même. Marcel Pagnol est un monsieur que j’aime bien. Donc me voilà flatté. Je l’ai dit d’ailleurs à la réception du Prix : (extrait, trompettes ta ta tsan !)

« (…) Et les souvenirs sous cette coupe, Marcel Pagnol du nom de qui me voilà par l’écrit tout soudainement complice, a bien joliment su les tenir en cet appareil.

Voilà me semble-t-il qu’un certain petit Marcel, aussi un boulanger, et puis sa femme, une chatte et des instituteurs, quelques joueurs de cartes et gardeuses de chèvres, partagent avec Zan, Belette et Zita et un chien, à travers d’autres fenêtres, des paysages et destins pourtant pas si éloignés — et surtout, un regard sur leur existence, par ces croisées ouvertes aux curieux. J’en suis très honoré — mon émotion tandis que j’écris ces lignes tout autant que les lisant demain — c’est à dire maintenant — vient de là — d’une position en cette bien belle compagnie à laquelle vous m’invitez, accoudés à la fenêtre.

Je suis très heureux, et très heureux de le dire, pour cet habit de fête que vous avez donné à Méchamment Dimanche, costume coupé au patron et mensurations de Marcel Pagnol, j’en suis flatté pour le roman. Et pour moi honoré. D’autant, et vous ne le savez pas, que Marcel Pagnol fut de mes nourritures favorites sur les nappes cartonnées fripés du Livre de Poche, quand j’étais dévorant, jeune anthropophage de gourmanderies littéraires. Il a été partie de cette substance nutritionnelle au même titre que d’autres dont il n’était sans doute pas le parent direct, tels que Faulkner ou Carson Mc Cullers ou Eudora Welty ou Robert Penn Warren, il a été de ceux et celles-là, d’une même famille des grands raconteurs, de ceux et celles, quand je les songe nourriciers, dont il reste à jamais sinon la mémoire absolue des menus, en tous cas les saveurs et le goût de ce qui m’a aidé à grandir tout en demeurant sur le pas de la porte du monde des adultes. Il a été celui avec quelques autres qui m’ont empêché de trouver de l’or tout en continuant toujours à en être chercheur – pour garder en souvenance les paroles d’un autre beau raconteur.

On n’oublie pas le petit Marcel se faufilant en malfaiteur sur le sentier des maraudes vers le château dans le soleil et on n’oublie pas, à cet instant-là, le criquetis des cigales. On n’oublie pas Manon, on n’oublie pas Jean de Florette. En tous cas moi à qui ils ont fait à leur insu la courte échelle. Comprendrez ma fierté, pour mon Zan à moi, pour mes Tipol, Belette, Zita, Jean-Claude et Cie de cette histoire, vus depuis mon accoudement à cette fenêtre-là, entrouverte pour moi, sans nul doute, par un formidable conteur de moments de vie, qui m’a appris à tendre l’oreille aux grillons dans les près des entours de chez moi comme il écoutait les cigales, et au parler des hommes que le soleil brûle comme à celui de ceux que le froid bronze pareillement.

(…) Maintenant je peux vous dire, et de tout cœur, le mot tout nu : merci. J’ajouterai simplement que certains fantômes, j’en suis sûr, se joignent à moi.

Merci pour eux entre leurs pages, qui vont sans doute gentiment vivre mieux, au-delà de tous les dimanches. »

Voilà. J’étais ému. C’était en juin à Paris au Fouquet's et il faisait très chaud et à force de bavardages je n’ai même pas mangé un canapé ou un petit four ou je ne sais quel amuse-gueule, de la soirée. Mais j’ai croisé et rencontré des gens gentils et sympathiques. Revu à l’occasion Jean-Charles et Gigi Tacchella. Beaucoup d’autres. Bonjour Olga.

Bref.

Bref, et du coup, je me suis pas mal dispersé. J’ai bougé dans tous les azimuts. (Pendant longtemps j’ai cru que « azimut » prenait un « h » quelque part, j’en finissais volontiers le mot, et puis non. Ce que c’est que la vie, hein…) J’ai rencontré des gens, j’ai répondu à des questions, j’ai répété des choses et des choses. En général c’était sympathique. J’en vu des gens charmants, mais vraiment charmants. Des libraires et des libraires (masculins et féminins) et des librairies aussi comme jamais je n’en avais vues (Bordeaux, Toulouse, wahou ! ! !) des lecteurs et trices aussi, j’ai signé ce livre que j’aime, écrivant cordialement, et c’était vrai à chaque fois.

Tout ceci a fait que des mois se sont écoulés.

Que nous voilà en juillet, bientôt août, et qu’il pleut. Mais pas aujourd’hui. C’en est presque bizarre.

Et alors ? A part Lance, quoi de neuf ? Que du vieux – comme dirait l’autre, celui qui dit toujours ce genre de choses — , du coup.

Non

L’Europe, le « non » vainqueur en France, comme ils disent, moi j’ai voté « non » et voilà que du coup on m’a sommé de m’expliquer à maintes occasions. Ce que je n’ai généralement guère su faire parce que l’intrinsèque inanité du propos engagé me gonflait très vite et que ma conviction profonde ne se satisfaisant pas des mots ordinairement employés — les mots et propos de boutiquiers taillés pour ce contexte contre lequel précisément je ne me sens guère en amours ni mêmes accointances — basta. Ou encore je me suis senti très connard, très traîtrisant, très bas de gamme, très province en regard des villes et de ses populations qui majoritairement intelligentes sans doute surent voter oui à l’instar des nullos extra muros. Dans ce sens-là. Du coup je me suis dépêché de raconter des bêtises ou de ne plus rien raconter ou de passer au dessert – pour dire que non merci je n’en prends pas.

Fromage ?

Quoi d’autre ? Lance Armstrong, vous savez, pour la septième fois… On va donc être un peu peinards l’an prochain. Au fait, c’était dans une équipe américaine qu’il courait, Lancy ? je ne sais même pas. De nationalité je veux dire. Parce que j’ai entendu l’hymne américain sur les Champs, quand il a été déclaré vainqueur , parmi ses enfants jaunes – ce qui n’a pas manqué d’émouvoir Gérard… Mais je n’ai pas très bien suivi parce que je devais zapper en permanence pour attraper les résultats d’une course de Formule 1, ce dont je me tape royalement, mais c’était pour un pote sur un bateau au large de la Corse en compagnie de plein d’enfants et de filles et qui était dans l’impossibilité de suivre cette actu-là, nul n’est parfait. Laure est championne du monde de 400 m, dans l’eau.

Mondo con (ou sans ?)

Londres et les attentats. Tous ces pauvres détritus humains à la cervelle pas finie qui se font donc exploser au nom de Dieu en espérant que leurs morceaux se recolleront vite fait juste avant de franchir le seuil de leur paradis de cons – les plus cons du monde, à n’en pas douter.

Les catastrophes naturelles, en regard des simplement humaines.

Le monde est fantastique.

Quant à moi…

Et moi dans tout ça, qui fais partie du monde, j’ai bien du mal à écrire. Les bouquins ça ne vient pas si facilement, au fait. De moins en moins. De moins en moins de moins.

Je ne voudrais pas le crier trop fort, mais je crois que le soleil perce.

Par ailleurs

Par ailleurs je recherche le dvd de Phantasm, VO sous-titrée en french, un film de Don Coscarelli, (1979). Pas le 2 ni le 3 ni le 4, le premier.

Par ailleurs aussi je suis en Louisiane et sur les mers. Ce qui n’est pas peu dire. Bien sûr : en pensées, bien évidemment, en pensées. Ce qui n’est pas peu dire quand même.

Et je me demande ce que je vais bien manger ce midi.

Il faudrait que je coupe du bois pour l’hiver. Parce que nous y serons bientôt, ne rigolez pas. Septembre dans pas si longtemps, et ça va recommencer. Ça va continuer.

Du riz, tiens, pourquoi pas. Il en reste d’hier.

Hasta luego

 

 

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