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Mauvais plans... Il suffit que je tourne le dos trois minutes, et crac, le monde entier fait des bêtises, c’est quand même formidable. Je m’absente un week-end, pour aller faire un tour aux Imaginales d’Epinal, et quand je reviens, qu’est-ce que j’apprends ? Qu’à l’autre bout du monde ou presque, une bande de dangereux forcenés humanitaires armés de couteaux et de fourchettes (des instruments de métal, nous dit-on) a attaqué l’État hébreu, là-bas, en passant par Gaza. Il s’en est fallu de peu que l’État agressé soit rayé de la carte, sans le courage et la valeur d’une poignée de soldats armés par bonheur jusqu’aux dents, eux, de malheureux M-16 et deux ou trois hélicos, à peine. Qui se sont fait taper dessus, les valeureux, à coup de battes de baseball, voire de barres de fer, mais qui ont réussi à tirer dans le tas de ces dangereux extrémistes porteurs de nourriture et de médicaments. Quelques dizaines de morts. L’état d’Israël est sauf. Alors que moi, pendant ce temps, je mangeais un couscous aux Babouches spinaliennes (je recommande), à moins que je tournicotasse ici et là, ou que je signasse des livres, ou que je neigeasse sur Pierre Pevel, c’est un rite annuel… Allez savoir à quoi je m’occupais, insouciant. Ce qui est sûr, c’est que je n’écoutais pas le café littéraire au cours duquel Werber et Loevenbruck, faiseurs de livres de leur état, débattaient sur le fait que c’est mal vu, en France, d’écrire pour le grand public. Ce que je veux bien croire — bien que n’ayant pas assisté au dit débat — mais le simple énoncé du propos, et de son intention, donne une idée de ce que peut (et doit ?) donner le résultat de l’entreprise. En tout cas j’étais tranquille et sans souci, tandis que le monde trébuchait ici et là.
Comme (un exemple entre autres, il y en a des milliers !) ces messes basses dans les coulisses ministérielles et gouvernementales qui visent à supprimer encore des professeurs dans les écoles, et donc de destiner aux survivants davantage d’élèves à cultiver. Laissant à penser que la volonté, mine de rien, de massacrer l’enseignement des têtes blondes ne fait que se confirmer… afin qu’au bout du parcours s’échappent des études de belles hordes ignares et dociles à traire, placidement bêtes à manger du foin, selon l’expression. On dirait presque.
C’est à ne plus savoir où donner de la tête. À en avoir le tournis. Et dans le tourbillon des valses voilà qu’une autre prend son essor : la nourriture, l’alimentation. La bouffe. De tous bords et de tous côtés, on nous assaille de victuailles à manger ou cracher, de conseils, on nous submerge, on nous indigeste. On nous dit tout et son contraire, tous azimuts. Il a fallu manger cinq fruits et légumes par jour, désormais c’est pas bien, caca, c’est même cancérigène. Il fallait ne pas boire de lait, ne pas manger de fromage, éviter les charcutailles, bouder le cassoulet, boire du vin, n’en pas boire. On avait eu le cancer, on s’en était sorti alors on écrivait un livre qui disait comment y échapper, aujourd’hui trente mille métastases livresques claironnent autant de façons de ne pas l’attraper, le crabe, que de l’avoir dans les dents.
Bon. Je vais aller faire un tour. Vous allez voir que les Talibans vont encore en profiter pour remporter l’Eurovision, que Nicolas dira que sa langue a fourché quand il jurait ses grands dieux ne jamais augmenter les impôts du bon peuple de ses électeurs. Ou je ne sais quoi dans le genre… Vous allez voir. On parie ?
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 6 juin 2010 dans 
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