C’était un soir de la semaine dernière (celle d’avant) : dring le téléphone. En vérité, pas exactement « dring », un son que je peux difficilement retranscrire, un son de sonnerie téléphonique, mais nous allons faire comme si c’était « dring ». Au bout du dring, Gérard Krawczyk, qui est non seulement un ami mais le réalisateur au cinéma de L’Été en pente douce. J’aime ce film, notamment pour les acteurs qui ont interprété cette histoire et qui étaient, je dis étaient parce que malheureusement un certain nombre font désormais partie d’autres génériques, merveilleux : Pauline Laffont, Jacques Villeret, Jean Bouise…
De temps à autre, Gérard et moi nous nous téléphonons, nous échangeons des mails idiots que nous signons Bernard Tapie ou Franck Ribery ou Roselyne Bachelot. Gérard est un type qui n’oublie jamais de me faire un clin d’œil à mon anniversaire, alors que moi j’oublie régulièrement et honteusement le sien, mais je me demande d’ailleurs si ce chauve éternellement jeune en a un. Nous avons aussi des connivences, des codes, des mots comme « sapoulade » qui n’appartiennent qu’à nous et dont nous ignorerons jusqu'à la fin le sens profond. Il faut dire aussi que je suis l’auteur du roman, L’Été en pente douce, duquel a été adapté le film.
Donc ce soir-là, « dring ». Et Gégé me dit (en gros) : « Dis donc je viens d’avoir un coup de fil de Philippe Val, de France Inter, qui me demande l’autorisation d’utiliser le titre du film pour une nouvelle émission qui démarre sur son antenne, pour l’été. Qu’est-ce que tu en penses ? » Ce que j’en pense, à priori et au débotté, au moment où je me demandais ce qu’on allait manger ce soir, je n’en pensais pas grand chose, sinon que je n’éprouve pas un amour fou pour ledit Val, et ça ne date pas de ses derniers exploits expulseurs de Didier Porte et Stéphane Guillon, ça remonte à plus loin, plus haut, il en a viré d’autres quand il était chef de Charlie Hebdo, demandez à Lefred Thouron comment il en est parti, demandez à Siné. Je n’aime pas ce type, ce qu’il dit quand il dit, ce qu’il écrit quand il écrit, ce qu’il fait quand il agit. Bon. Oui mais bon.
Ça avait l’air de ne pas déranger outre mesure Gégé, de prêter ce titre, il avait même eu l’assurance de Val que le film serait mentionné, dans l’émission, et gnagnagna gnagnagna. Etc. J’ai dit bon, ça roule (qu’est-ce qu’on va manger, etc.). Depuis je me mords un peu les doigts. D’abord parce qu’à moi, on ne m’a pas demandé mon avis, qui suis quand même bêtement l’auteur du livre et du titre dont j’ai les droits (recédés par l’éditeur depuis 1999)… J’ai écouté l’émission. Trois jours de suite. Dans le genre, je sens plutôt pourri cet été en pente douce, chiant comme la pluie, avec menaces de glissements de terrains boueux, mais ça… J’ai adressé, avant d’envoyer les avocats, la police, le GIGN, les commandos, un mail à Radio France, faisant part de mon étonnement qu’on ne m’ait pas demandé mon avis ni mon autorisation, à moi l’auteur du titre du roman, sinon oralement et par le truchement de mon camarade. J’attends réponse. Qui me parviendra en automne, me disent des amis, si elle me parvient jamais.
L’occasion m’est en tous cas donnée de saluer Stéphane Guillon et Didier Porte, à qui va toute mon amitié s’ils en veulent bien, et mon admiration. Et puis : http://petition.harrycow.fr/
C’est une pétition contre la suppression de la chronique humoristique de 7h55.