dimanche 12 avril 2009
Vivent les cloches !
Je suis bien sûr qu’un comique de votre entourage vous a demandé, ce matin, ou vous demandera, cet après midi : « Alors, tu es revenu (revenue) ? Et vous, naïvement : « Revenu (e) de où ? » Et l’autre rigolo : « Eh bien, avec les cloches. Tu n’étais pas parti (e) ? Et de s’esclaffer.
Chaque année vous vous faîtes avoir. Une tradition. Les traditions sont des choses plaisantes qui se perpétuent quand elles nous arrangent ou nous font plaisir. On dit alors pour s’en excuser, si on est attaqués sur le fond de la chose : Oui mais c’est une tradition. Certaines n’ont pas été maintenues. Comme la provocation en duel. L’esclavage. Quoique.
Parfois, ça se cache sous un autre nom, les traditions, les us et les coutumes. Exemple : les privilèges et les droits seigneuriaux que la Révolution a soi-disant supprimés… Ça porte un pseudonyme. Et le fait de trucider les esclaves quand le maître mourait – autre tradition surannée. Quand le maître aujourd’hui dépose un bilan dans la tombe du marché du travail, licencie, etc., bref cesse de vivre, que font les… ouvriers du maître ? Evidemment qu’on ne les trucide pas physiquement. Evidemment que la crise n’est pas une tradition du système bancaire économique capitaliste en vigueur par tradition sur la planète. Ne pas manger de viande le vendredi, prétendre qu’un de tous ces vendredi de l’année est saint, par dessus le marché. Traditions.
Pâques aux tisons, Noël en décembre, 14 en juillet : traditions. Fêter le travail en ne fichant rien de la journée du 1er mai, croire que la vérité sort de la bouche des enfants, que Miss France est la plus belle fille du monde et que Geneviève de Fontenay est élégante, etc…
Pâques, journée des cloches et des poules, des œufs et du chocolat. Et moi, comme des millions d’autres, je croyais vraiment que les cloches avaient laissé tomber les œufs colorés dans le jardin, qu’elles s’étaient débrouillées, ces sacrées cloches passant par dessus la maison, pour aller les nicher au creux des touffes d’herbes, sous les jonquilles, dans le creux d’un arbre, sans la moindre casse… C’était bien, le temps des cloches. Je pensais alors que ça ne finirait jamais… Je me trompais ?
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 12 avril 2009 dans 
Bavardages
2009
Suaire
-
dimanche 26 juillet 2009
2008
2006
2005
2004
2003
2002
2001
Romans
-
dimanche 12 août 2001
Jeudi
-
jeudi 09 août 2001