dimanche 04 janvier 2009
Sondage
N’importe qui, le sait-on, peut commander un sondage à un institut de. À priori sur n’importe quel sujet : du nombre de fois où vous avez trouvé la fève dans la galette des rois entre 10 et 55 ans, jusqu’à ce que vous pensez du prénom Zhora pour un nouveau-né sans défense : 1/ c’est super ; 2/ on ne saura jamais vraiment où placer le « h » quand il faudra l’écrire ; 3/ votre petite cousine a-t-elle eu raison, il y a dix ans, d’appeler son berger des Pyrénées comme ça ?
N’importe qui peut faire ou être l’objet d’un sondage ou y participer.
N’importe qui ou quoi, institutions et particuliers, sur la planète bleue, utilise, tripote, jongle avec les sondages. C’est comme le foot, le monde entier en connaît les règles.
J’avais une heure devant moi et je me suis dit : « Tiens et si je me sondais ? » ne l’ayant jamais été par quelque tiers que ce soit, et selon le principe connu que nous ne somme jamais si bien servi… etc.
Je me suis donc proposé un choix de questions. Dont celle-ci :
A votre avis, l’année qui prend naissance en janvier 2009 sera-t-elle belle et bonne comme on se la souhaite à tour de bras et à tous les carrefours ?
Les réponses sont édifiantes : 30% de Pelot voit plutôt ça comme une année sympa, à condition de ne pas écouter les bulletins d’informations radiophoniques ; 24% de Pelot pense que ce sera supportable s’il ne regarde pas les journaux télévisés ; 16 % s’il ne lit pas les journaux ; 20% est persuadé que ce sera tenable s’il ne prête pas l’oreille aux bavardages de ses voisins débattant de la crise, en particulier ; 9 % est certain que ce sera viable s’il évite les conversations sur le zinc (ou assimilées) ; 100 % donc du Pelot estime que ça voisinera l’allégresse s’il se calfeutre chez lui, bouche close, yeux fermés, oreilles bouchées. Et 0,5% n’a pas d’opinion, 0,5% demande à réfléchir.
Ça m’a légèrement déprimé. Je me demande s’il faut accorder quelque sérieux que ce soit aux sondages. Au fond.
PS : A la suite du précédent bavardage concernant la pub en rafale de deux phrases d’une chanson de Bénabar, une lectrice outrée, fan dudit, m’a écrit pour m’accuser de méchanceté à l’égard du chanteur, et me reprocher de n’avoir pas compris les paroles de ses chansons, m’assurant que du coup, et désormais, elle qui aimait et recommandait mes romans, qui me tenait en estime, fait volte-face et m’abandonne. Voilà comment on perd une lectrice qui ne sait pas lire.
Pierre Pelot
Chronique parue le dimanche 4 janvier 2009 dans 
Bavardages
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